Aller au contenu
FIDES VIVA

15 octobre

Sainte Thérèse de Jésus

Fondatrice du Carmel déchaux et auteur du Château intérieur

  • 31 min de lecture
Taille du texte 100 %
Aa
Taille du texte 100 %
Chapitres
  1. 0:00Au petit matin
  2. 3:37Celle qu'on attendait morte
  3. 6:15L'horloge
  4. 9:46Le Christ couvert de plaies
  5. 12:15Je te donnerai un livre vivant
  6. 14:36Une étoile
  7. 17:45Des temps rudes
  8. 22:05La maison rustique
  9. 24:24Un frère qui voulait être chartreux
  10. 26:55Le livre devant les inquisiteurs
  11. 30:47Un château dans la tempête
  12. 34:09Il est temps
  13. 37:18Pourtant, elle marchait

Vient l'heure de l'oraison au monastère de l'Incarnation, à Avila, et une religieuse, Thérèse, regarde l'horloge, impatiente que l'heure s'achève. Pendant des années, elle vivra partagée entre Dieu et le monde. Cette même religieuse est aujourd'hui sainte Thérèse de Jésus, celle d'Avila, la première femme docteur de l'Église. C'est elle qui a dit que prier, c'est s'entretenir en ami avec celui dont nous savons qu'il nous aime. Et elle-même a mis des années à se fier à cet ami. On l'a enterrée sans l'embaumer. Plus de quatre siècles plus tard, on a rouvert son tombeau pour voir ce qu'il restait d'elle. Et ce qu'on y a trouvé n'était pas ce qu'on attend d'un corps si ancien.

Au petit matin

Cette maison, elle y arrive à pied, d'elle-même. À Avila, à l'aube d'un jour de novembre 1535, à vingt ans, elle quitte la maison de son père sans sa permission. Il s'est fermement opposé à ce qu'elle devienne religieuse. Elle marche jusqu'au monastère carmélite de l'Incarnation, hors des remparts, et la prieure l'y accueille.

La maison qu'elle choisit est vaste et compte près de deux cents personnes. Ses religieuses sortent en ville quand il le faut et reçoivent des visites au parloir, la salle à grille où l'on parle avec les gens du dehors. L'année suivante, ce même père qui avait refusé signe la dot, ce que la famille apporte au monastère, et sa fille prend l'habit.

Ce n'était pas la première fois qu'elle quittait la maison pour Dieu. Elle avait six ou sept ans et lisait des vies de saints avec Rodrigo, son frère préféré. En voyant ce que souffraient les martyres, il lui semblait qu'elles gagnaient le ciel à bon marché. Alors le frère et la sœur se sont mis d'accord pour partir mourir martyrs en terre des Maures, en mendiant en chemin, pour qu'on leur y coupe la tête. Ils sont partis, et ils ont dû rentrer à la maison.

Le martyre manqué, ils se sont faits ermites dans le jardin. Ils bâtissaient des ermitages avec de petits cailloux, qui s'écroulaient aussitôt. La petite cherchait des coins à l'écart pour prier, surtout pour réciter le chapelet, et faisait l'aumône comme elle pouvait, c'est-à-dire bien peu. Dans ces lectures, elle a découvert que tout finit et que Dieu seul demeure. Rodrigo et elle se le répétaient sans cesse, «pour toujours, toujours, toujours».

Rodrigo, le frère de cette fugue vers la terre des Maures, finira par partir bien plus loin. L'année même où Thérèse entre à l'Incarnation, il s'embarque à Séville pour les Indes, et c'est là-bas, au Río de la Plata, qu'il meurt, probablement deux ans plus tard. Les deux enfants qui rêvaient de donner leur vie pour Dieu ne se reverront plus.

La maison qu'elle quitte ce petit matin avait déjà perdu la mère. Doña Beatriz de Ahumada était morte quand sa fille avait treize ans. La jeune fille s'est alors rendue à l'ermitage de San Lázaro, s'est placée devant une image de Notre-Dame de la Charité et lui a demandé ce qu'elle n'avait plus. Bien des années plus tard, elle l'a raconté ainsi. «Je la suppliai d'être ma mère».

C'est pourquoi, en ce petit matin de novembre, elle ne traverse pas Avila tout à fait seule.

Celle qu'on attendait morte

Peu après avoir prononcé ses vœux, en 1537, Thérèse tombe gravement malade et doit quitter l'Incarnation pour se soigner. Elle passe l'hiver à Hortigosa, chez son oncle Pedro. Là, elle lit un livre sur l'oraison, le Troisième abécédaire spirituel de frère Francisco de Osuna. Grâce à ce livre, elle apprend le recueillement, une manière de prier où l'on ramène les sens au-dedans pour être seul à seul avec Dieu. L'oraison lui vient ainsi d'abord comme un livre.

Mais le remède ne vient pas. À Becedas, elle passe des mois à subir des traitements qui ne la guérissent pas, et elle revient à Avila en plus mauvais état qu'à son départ.

En août 1539, dans la maison de son père, elle perd connaissance et reste ainsi près de quatre jours. On la croit morte. Quand elle revient à elle, elle a la langue en lambeaux à force de l'avoir mordue. Elle ne peut même pas avaler une gorgée d'eau. Son corps est recroquevillé, ramassé sur lui-même, et elle ne bouge qu'un doigt de la main droite. Pour la déplacer, deux femmes la portent dans un drap, chacune tenant un bout.

Elle reste ainsi jusqu'à Pâques. Elle demande alors qu'on la ramène à son monastère. Les religieuses l'accueillent de nouveau, et elle résume la chose d'une phrase sèche. «Celle qu'on attendait morte, on la reçut avec son âme, mais avec un corps pire que mort».

Elle passe plus de huit mois sans pouvoir bouger, et près de trois ans avant de remarcher. Le premier pas n'est pas un pas. Quand enfin elle commence à avancer à quatre pattes, elle loue Dieu. Les religieuses admirent sa patience, et elle la tient pour un don du Seigneur.

Les médecins de la terre ne lui laissent plus d'espoir, alors elle décide de s'adresser à ceux du ciel. Elle ne veut pas de dévotions superstitieuses. Elle prend pour protecteur saint Joseph, l'époux de la Vierge. Et elle sait bien qui l'a remise debout. C'est saint Joseph.

Depuis, elle ne se souvient pas de lui avoir rien demandé qu'il ne lui ait accordé. Et à qui n'a personne pour lui apprendre à prier, elle laisse un conseil. «Que celui qui ne trouve pas de maître pour lui enseigner l'oraison prenne ce glorieux saint pour maître, et il ne s'égarera pas en chemin».

Debout désormais, elle retrouve la vie de la maison, les visites et le parloir.

L'horloge

Les heures passées à la grille filent sans qu'elle s'en aperçoive. Thérèse a de la conversation, on l'apprécie, et les visiteurs reviennent.

Ces conversations l'éloignent peu à peu de Dieu. Un jour, alors qu'elle vient de faire la connaissance d'une personne, le Christ se présente devant elle, très sévère, et lui fait comprendre combien cela le peinait. Elle ne le voit pas avec les yeux du visage, mais avec ceux de l'âme, et plus clairement que si elle le voyait avec ceux du corps. Elle en reste saisie d'effroi. Mais, les jours passant, elle se persuade de l'avoir imaginé, et elle retourne à la même conversation.

Une autre fois, avec cette même personne et en plein jour, elle et d'autres qui se trouvent là voient venir vers eux une chose semblable à un gros crapaud, bien plus vite que ne vont les crapauds. Elle ne l'a jamais oublié. Elle y a vu un avertissement de plus, et pourtant elle n'a pas renoncé à ces visites.

Pendant près d'un an et demi, elle va jusqu'à abandonner l'oraison. Elle se trouve si mauvaise qu'elle ne se croit pas digne de s'entretenir avec Dieu. Elle appelle cela une fausse humilité, et dit que ce fut la plus grande tentation qu'elle ait connue. Des années plus tôt, elle avait appris à son père à prier, et il a fait tant de progrès qu'il vient à l'Incarnation lui parler de Dieu. Et Thérèse lui donne ses maladies pour excuse de ne pas prier.

Fin décembre 1543, son père tombe malade, et Thérèse le soigne. Elle ne lui laisse voir aucun chagrin, alors qu'au-dedans elle a l'âme déchirée. Il souffre beaucoup du dos. Elle lui propose de penser au Seigneur chargé de sa croix, et il ne se plaint plus.

Il reçoit l'onction des malades et demande aux siens de le recommander à Dieu et de bien voir que tout a une fin. Il passe trois jours presque sans connaissance. Le jour de sa mort, il revient à lui et récite le Credo, la prière par laquelle le chrétien dit sa foi. Il meurt au milieu du Credo, en le récitant lui-même.

L'homme qui ne voulait pas la voir religieuse s'en va en priant, comme sa fille le lui a appris, et en paix, comme un ange.

Dans ce deuil, le confesseur de son père, un frère dominicain, la prend sous sa garde. Il la fait communier tous les quinze jours et lui demande de ne pas abandonner l'oraison. Alors elle revient à l'oraison, et ne l'abandonne plus jamais, même si elle ne renonce pas encore à ces conversations du parloir qui l'éloignaient de Dieu.

Ce n'est pas facile pour elle. Certains jours, elle n'attend que la fin de l'heure, guettant l'horloge. Mais elle ne se lève pas. Elle reste agrippée à l'oraison, comme à une colonne solide.

Et dans ce combat, elle découvre ce qu'est prier. Pour elle, c'est un entretien d'amitié, être seule à seul avec quelqu'un dont elle sait qu'il l'aime. Au Christ, elle le dit avec la simplicité de qui parle à un ami. «Oh, quel bon ami vous faites, mon Seigneur!»

Voilà près de vingt ans qu'elle vit ainsi, le cœur partagé entre Dieu et le monde, quand un jour elle entre dans l'oratoire de la maison et y trouve une image qui n'y était pas auparavant.

Le Christ couvert de plaies

On avait fait venir cette image pour une fête de la maison, et on l'apporte à présent pour la garder dans l'oratoire. C'est le Carême, et Thérèse s'arrête, immobile, devant elle. C'est un Christ couvert de plaies, si émouvant qu'en le regardant elle est bouleversée tout entière, car elle voit en lui ce qu'il a enduré pour nous.

Elle a trente-neuf ans et arrive à ce moment lasse d'elle-même. Elle voudrait trouver le repos, et ses mauvaises habitudes ne le lui permettent pas. Depuis des années, elle se promet de changer par ses propres forces. Et chaque fois, elle en revient au même point.

Maintenant, elle regarde ces blessures et sent combien elle en a été peu reconnaissante. Et alors, elle sent son cœur se briser.

Elle se jette auprès de lui, en pleurant abondamment, et le supplie de la fortifier une fois pour toutes, pour ne plus l'offenser.

D'autres fois, elle a pleuré et elle a promis. Cette fois, elle ne se fie plus à elle-même et met toute sa confiance en Dieu.

Et, à terre, elle lui parle.

Elle lui dit qu'elle ne se relèvera pas de là tant qu'il n'aura pas fait ce qu'elle lui demande.

Et elle reste là, à terre. Dès lors, elle va beaucoup mieux. Dieu la tire de ce qu'elle appelle une mort si mortelle.

Ces jours-là, on lui donne les Confessions de saint Augustin, comme si le Seigneur l'avait voulu ainsi. C'est le livre où ce saint des premiers siècles raconte comment il est revenu à Dieu. Dans un jardin, Augustin avait entendu une voix qui l'appelait à changer de vie.

Quand Thérèse arrive à cette page, la voix n'est plus seulement celle d'Augustin. Elle sent que c'est le Seigneur qui la lui adresse, à elle. Et elle reste un long moment fondue en larmes.

Peu après, pendant l'oraison, une chose qu'elle n'avait jamais vécue la surprend, une présence de Dieu si claire qu'elle ne peut douter qu'il est en elle.

Mais cette proximité ne rassure pas tout le monde. Certains de ses amis et de ses confesseurs craignent que le démon ne soit en train de la tromper. Dans l'Espagne de ce temps-là, on se méfiait des femmes qui disaient recevoir des faveurs de Dieu.

Je te donnerai un livre vivant

Plusieurs hommes de Dieu l'écoutent donc. À l'hiver 1557 passe par Avila François Borgia, un noble de Valence qui a tout quitté pour se faire jésuite. Thérèse lui raconte son oraison sans rien lui cacher. Et elle repart avec sa réponse. Ce qu'elle vit dans l'oraison vient de Dieu.

Puis on lui enlève ce qui l'avait le plus accompagnée. Depuis l'enfance, quand elle lisait des vies de saints avec Rodrigo, les livres ont été son chemin vers Dieu. En août 1559, l'inquisiteur général, Fernando de Valdés, publie l'Index, la liste des livres interdits. Avec lui disparaissent une grande partie des livres spirituels en castillan qu'elle lisait. Elle en souffre beaucoup.

Et dans cette perte, le Seigneur lui dit: «Je te donnerai un livre vivant.»

Quelques jours plus tard, raconte-t-elle, commencent ses visions. Le jour de la fête de saint Pierre, en 1560, elle voit le Christ, et c'est lui-même qui est ce livre vivant.

Cette même année, chez son amie doña Guiomar de Ulloa, une veuve de la ville, elle fait la connaissance d'un franciscain âgé et très maigre. C'est frère Pierre d'Alcantara, le réformateur des franciscains. Thérèse lui ouvre son âme, et il l'éclaire en tout.

Et durant ces mois-là, à l'Incarnation, elle reçoit quelquefois la grâce du dard, l'une des scènes de sa vie que les artistes ont le plus souvent représentées. À sa gauche, elle voit un ange. Il n'est pas grand, mais petit et très beau, le visage embrasé, et il lui semble être de ceux qu'on appelle chérubins.

L'ange tient dans ses mains un long dard d'or, avec un peu de feu à la pointe. Il lui semble qu'il le lui enfonce quelquefois dans le cœur, et qu'il l'atteint jusqu'aux entrailles.

En le retirant, il la laisse tout embrasée d'un grand amour de Dieu. La douleur lui arrache des gémissements. Et la douceur est si grande qu'elle ne voudrait pas que cette douleur la quitte.

Ce n'est pas une douleur du corps, mais de l'âme, même si le corps y prend part, et grandement.

Une étoile

Un jour, pendant l'oraison, elle se trouve soudain plongée en enfer, à la place que les démons lui avaient préparée. Devant elle s'ouvre une entrée semblable à une ruelle très longue et très étroite, comme un four très bas et obscur. Le sol est de boue. Au fond, il y a un creux dans la paroi, et c'est là qu'elle se voit enfermée.

Elle sent un feu dans l'âme et un désespoir, une absence totale d'espérance, qui pèse plus lourd que toutes les douleurs qu'elle avait endurées dans son corps, même celles des quatre jours où on l'avait crue morte.

Là, il n'y a aucune lumière, tout n'est que ténèbres.

Elle en ressort transformée. Elle perd la peur des souffrances de cette vie. Ce qui lui reste, c'est une peine immense pour les âmes qui se perdent, et surtout pour les luthériens. Ce sont les chrétiens qui, en son siècle, se sont séparés de Rome à la suite de Luther. Pour elle, ils restent membres de l'Église par le baptême, et ce qu'elle éprouve pour eux, c'est de la douleur. De cette peine naît en elle le désir de vivre la Règle du Carmel, la règle de vie de son Ordre, avec toute la perfection possible. À l'Incarnation, cette Règle se vit adoucie, avec des sorties en ville et des visites au parloir.

Un soir de septembre, Thérèse et quelques parentes parlent, dans sa cellule, des Pères du désert, les premiers moines qui ont tout quitté pour prier dans la solitude. Une jeune parente, María de Ocampo, propose de fonder un petit monastère et offre son héritage. Doña Guiomar de Ulloa, la veuve amie, se joint à elle. Thérèse hésite. Elle est heureuse dans sa cellule.

Mais un jour, après avoir communié, elle reçoit du Christ l'ordre de se battre pour cette maison de toutes ses forces. Il lui est promis que la maison se fera et qu'elle s'appellera Saint-Joseph, que le saint en gardera une porte et la Vierge l'autre, et que le Christ marchera avec elles. Ce sera une étoile qui répandra une grande lumière.

En entendant cela, Thérèse est saisie d'angoisse, car elle voit tout ce qu'elle devra souffrir pour y parvenir, et la paix de sa cellule qu'il lui faudra quitter.

L'angoisse ne la quitte pas. Le jour de l'Assomption 1561, elle prie dans une église des dominicains d'Avila, celle-là même où elle avait confessé tant de péchés, et elle s'en souvient. Soudain, elle se voit revêtue d'un vêtement très blanc et lumineux. Notre-Dame est à sa droite et saint Joseph à sa gauche, et ce sont eux qui l'en revêtent. Elle comprend qu'elle est désormais purifiée de ses péchés.

Notre-Dame lui prend les mains. Elle lui dit qu'elle se réjouit beaucoup de la voir servir saint Joseph, et elle lui assure que le monastère se fera.

La maison a déjà un nom et deux gardiens. Ce qui lui manque encore, c'est l'argent.

Des temps rudes

Dès qu'Avila l'apprend, commencent les commérages, les rires, ceux qui disent que c'est une folie, et l'opposition surgit de toutes parts. La pression atteint tous ceux qui l'aident. À doña Guiomar, la veuve amie, ses confesseurs refusent l'absolution tant qu'elle n'abandonne pas le projet. Le provincial, le supérieur des carmes de la région, avait donné son autorisation, et voilà qu'il la retire. Il dit que la maison n'aura pas de quoi vivre, et que l'opposition est trop forte. Même le confesseur de Thérèse lui ordonne de ne plus parler de l'affaire. Et à l'Incarnation, son propre couvent, on la voit d'un si mauvais œil que certaines religieuses demandent qu'on l'enferme en guise de punition.

Thérèse et doña Guiomar se tournent alors vers frère Pedro Ibáñez, un dominicain, l'homme le plus savant de la ville. Il leur demande huit jours pour étudier le projet, convaincu qu'il va les en dissuader. Au bout de ces huit jours, il se convainc que l'œuvre est vraiment pour Dieu. Et il leur dit de se hâter de l'achever.

Mais à Avila, on raconte déjà que cette maison naît de visions, que Thérèse dit que le Christ le lui a ordonné. Et dans l'Espagne de ce temps-là, c'était dangereux. Des amis la préviennent, très effrayés, qu'on peut la dénoncer à l'Inquisition, le tribunal qui jugeait ceux qui s'écartaient de la foi.

«Cela me parut plaisant et me fit rire», dit Thérèse. Elle sait très bien ce qu'elle porte en elle. Pour la moindre cérémonie de l'Église, ou pour n'importe quelle vérité de l'Écriture, elle serait prête à mourir mille morts. Alors elle leur répond que, s'il y avait matière, elle irait elle-même trouver l'Inquisition. Ensuite, elle expose à Ibáñez, en toute clarté, ses visions et sa manière de prier, pour qu'il voie s'il y a là quelque chose de contraire à l'Écriture.

Pendant ce temps, la sœur de Thérèse achète en secret une petite maison, comme si c'était pour elle-même. D'argent, il n'y en a pas. «Mon Seigneur, comment me commandez-vous des choses qui semblent impossibles?», dit Thérèse au Christ. Un jour, elle n'a pas de quoi payer les artisans, les ouvriers qui remettent la maison en état. Alors saint Joseph lui apparaît, lui qu'elle appelle son vrai père et seigneur, et il lui fait comprendre que l'argent ne lui manquera pas. Et elle les engage sans avoir une seule pièce de monnaie.

La maison lui semble trop petite, et elle pense en acheter une autre. Mais après avoir communié, elle entend le Christ lui dire «Je te l'ai déjà dit, entre comme tu pourras». Et la même voix ajoute «Combien de fois ai-je dormi à la belle étoile, faute d'avoir où m'abriter!». Thérèse revient à la petite maison, l'aménage avec ce qu'il y a et y trouve un monastère complet.

À l'été 1562, le mari de sa sœur, celle qui avait acheté la petite maison, tombe malade. Thérèse obtient la permission de quitter l'Incarnation pour le soigner, et ainsi, sans éveiller les soupçons, elle peut s'occuper de la maison. La fondation se fait dans le plus grand secret. Le 24 août, quatre jeunes filles prennent l'habit dans la petite maison. C'est Saint-Joseph, la maison que le Christ lui avait promise, avec saint Joseph et la Vierge pour en garder les portes. Un Carmel pauvre et en clôture, où les religieuses vivent sans sortir. Et cette fois, contrairement aux ermitages de petits cailloux de son enfance, les murs ne s'écroulent pas.

Aussitôt, Thérèse doit retourner à l'Incarnation pour rendre des comptes au provincial. Il avait retiré son autorisation, et la maison s'est faite avec celle de l'évêque d'Avila, don Álvaro de Mendoza. Et la ville entière se dresse contre la nouvelle maison. Le conseil de la ville, qui gouverne Avila, réunit les notables pour la faire fermer, et là, frère Pedro Ibáñez, le savant dominicain, et d'autres prêtres prennent sa défense. La maison tient bon. La ville continuera de plaider contre elle devant les tribunaux pendant plus d'un an, mais les religieuses ne sortent pas.

Et dans la petite maison rustique, quatre novices commencent à vivre ce dont elle avait rêvé.

La maison rustique

À la fin de 1562, Thérèse revient à Saint-Joseph, et cette fois pour y rester. La maison est pauvre et sans apprêt, avec quelques petits ermitages dans le jardin. Elle porte désormais la bure brune, une laine rêche, comme ses novices. Elle y vivra les cinq années qu'elle appelle les plus paisibles de sa vie.

Pendant ces années tranquilles, le démon, lui, ne la laisse pas en paix. Un jour, elle voit près d'elle une petite silhouette sombre et horrible, qui grogne comme un désespéré. Thérèse rit et demande de l'eau bénite. En jeter sur elle-même ne sert à rien, mais dès qu'elle en jette vers l'endroit où se tient le démon, il s'en va sur-le-champ.

L'une de ses religieuses déclara des années plus tard, quand l'Église examinait sa sainteté, que Thérèse ne voulait jamais se mettre en route sans eau bénite. On la portait dans de petites calebasses suspendues à la ceinture.

Ces années-là, un prêtre lui confie qu'il vit depuis deux ans et demi dans un péché grave qu'il n'ose pas confesser. Thérèse promet de prier pour lui et de faire prier d'autres personnes, et elle lui écrit par l'intermédiaire d'un tiers. Dès la première lettre, il se confesse.

Mais la tentation ne le lâche pas, et il lui confie qu'il en est tourmenté comme par un enfer. Alors Thérèse demande à Dieu de faire retomber cette tentation sur elle, et elle passe un mois de terribles tourments, jusqu'à ce qu'il en soit délivré. Quand la tentation le presse de nouveau, il relit les lettres de Thérèse. Elle attribue ce changement à la prière de ses sœurs de Saint-Joseph.

C'est pour ces quelques sœurs qu'elle écrit alors le Chemin de perfection, un livre qui leur apprend à prier. Elle y parle de l'Église déchirée en deux par les luthériens, et de la douleur qu'elle en éprouve. Son angoisse est grande, et elle l'écrit ainsi. «Comme si je pouvais quelque chose ou que j'étais quelque chose, je pleurais devant le Seigneur et le suppliais de remédier à un si grand mal».

Et en 1567, c'est le supérieur de tout l'Ordre qui frappe à la porte de Saint-Joseph.

Un frère qui voulait être chartreux

Le visiteur est le prieur général des carmes, l'Italien Jean-Baptiste Rubeo. Il découvre la petite maison, s'entretient avec la fondatrice et, avant de poursuivre son voyage, l'autorise à fonder d'autres maisons semblables. Quelques mois plus tard, il lui permet aussi d'ouvrir deux maisons de frères.

La première nouvelle maison ouvre en août à Medina del Campo, une ville de marchands et de foires. Là, Thérèse cherche des frères prêts à vivre, comme ses religieuses, la Règle sans adoucissement. Le premier à se proposer est le prieur du couvent des carmes, frère Antonio de Heredia. Mais il en faut davantage.

Un jour arrive à Medina un jeune carme de vingt-cinq ans. Il s'appelle frère Jean de Saint-Matthias, il étudie à Salamanque et il est venu célébrer sa première messe. Thérèse s'entretient avec lui. Elle en est très contente, et elle apprend qu'il est sur le point de quitter l'Ordre pour devenir chartreux. Les chartreux sont des moines qui vivent dans le silence, chacun seul dans sa cellule.

Ils parlent pendant des semaines. Elle lui propose une autre solitude, celle d'une vie pauvre au sein de son propre Ordre. Il donne sa parole de la rejoindre, à une condition, que l'on ne tarde pas trop. Ce sera saint Jean de la Croix.

Et l'on ne tarde pas. En novembre 1568, à Duruelo, une ferme perdue dans la campagne, frère Jean inaugure la première maison de frères déchaux. C'est ainsi qu'on appelle ceux de la réforme, qui vivent la Règle non adoucie. Thérèse n'y est pas, car elle continue sur les routes à fonder de nouveaux Carmels l'un après l'autre, et à la fin de sa vie, ils seront dix-sept.

Quelques années plus tard, on lui ordonne de retourner à l'Incarnation, la maison qu'elle avait quittée, mais cette fois comme prieure. Et là, leurs chemins se croisent de nouveau. Comme confesseur de ces religieuses, elle fait venir frère Jean, l'un des déchaux, qu'elle tient pour un homme très saint.

Un jour de novembre 1572, Thérèse reçoit la communion des mains de frère Jean, et avec elle la grâce qu'elle appelle le mariage spirituel, l'union la plus profonde avec le Christ. Des années plus tard, elle écrira que cette union se fait au plus caché de l'âme.

Le livre devant les inquisiteurs

Pendant ce temps, l'une de ses fondations a mal tourné, celle de Pastrana. Des années plus tôt, doña Ana de Mendoza, la princesse d'Éboli, une grande dame de la cour, avait fait venir Thérèse dans sa ville pour qu'elle y fonde un Carmel. Devenue veuve, la princesse elle-même entre comme religieuse dans cette maison. Sa présence et ses ingérences rendent la vie des religieuses impossible, et en 1574 elles quittent Pastrana.

La princesse quitte elle aussi le couvent. Et dans ces mois-là, elle dénonce à l'Inquisition un livre de Thérèse, le Livre de la vie, le récit qu'elle avait écrit pour ses confesseurs, avec ses visions et les grâces qu'elle recevait de Dieu. Thérèse l'avait achevé en 1565, à Saint-Joseph. En 1559, on lui avait retiré ses livres, et voici que c'est l'un des siens que l'Inquisition va lire.

L'année suivante, l'évêque d'Avila, don Álvaro de Mendoza, celui qui avait protégé Saint-Joseph, remet le manuscrit original, écrit de la main même de Thérèse, à l'Inquisition de Valladolid. De là, il passe au tribunal de Madrid, où l'examine le dominicain Domingo Báñez. À l'été 1575, celui-ci signe son avis, et il est favorable. Il y écrit que cette femme, même si elle se trompe sur quelque point, du moins ne trompe personne.

Malgré cela, le livre reste retenu pendant des années.

Il ne sera publié qu'après sa mort.

En 1575, tandis que le manuscrit attend à Madrid, Thérèse arrive à Séville pour fonder. Elle est malade, accompagnée de quelques religieuses, et à elles toutes il ne leur reste qu'une seule blanca, la plus petite pièce de Castille, et rien d'autre que les vêtements qu'elles portent.

La nouvelle dénonciation vient de son propre couvent. À la fin de cette année-là, une novice qui avait quitté ce Carmel dénonce Thérèse et ses religieuses à l'Inquisition. En 1576, les inquisiteurs de Séville les interrogent, elle et d'autres religieuses. Thérèse répond avec la même clarté que lorsqu'à Avila elle avait tout raconté à Ibáñez. Pour un théologien conseiller du tribunal, elle écrit un récit de sa vie intérieure.

Avant qu'elle ne quitte Séville, le père Jérôme Gratien, un jeune frère déchaux qui est à présent son supérieur, et à qui elle a promis obéissance, lui impose une mortification, un exercice d'humilité. Il a raconté lui-même que ce fut l'une de celles qui coûtèrent le plus à Thérèse. Il lui ordonne de se laisser peindre, lui commande d'obéir au peintre et s'en va.

Le peintre est frère Juan de la Miseria, un frère napolitain pas très habile au pinceau. Il la gronde si elle rit ou si elle bouge la tête. Il lui prend le visage entre les mains pour le tourner vers la lumière. Ainsi naît le seul portrait qu'on fit d'elle de son vivant. Au-dessus de la tête de Thérèse, il peint une colombe, et à côté d'elle un ruban portant un verset des psaumes.

«Misericordias Domini in aeternum cantabo». Ce sont les paroles d'un psaume, et elles veulent dire qu'elle chantera à jamais les miséricordes du Seigneur. Sur un côté, il inscrit son âge, soixante et un ans.

On raconte qu'en voyant la toile achevée, elle dit au frère qu'il l'avait peinte laide et les yeux chassieux.

Avec ce visage de soixante et un ans, elle quitte Séville pour la Castille, mais pas pour fonder. Son propre Ordre lui a ordonné de rester recluse dans un couvent.

Un château dans la tempête

Et celui qui l'ordonne, en fin de compte, c'est le général Rubeo. Quelques années plus tôt, il avait écrit qu'elle faisait plus de bien à l'Ordre que tous les carmes d'Espagne. Le général se sent désobéi. En Andalousie, des maisons de frères déchaux se sont ouvertes sans sa permission, avec celle d'un visiteur, l'envoyé chargé d'inspecter l'Ordre.

En 1575, le chapitre général, la grande assemblée des supérieurs carmes, se réunit à Plaisance, en Italie, et se retourne contre les déchaux. De cette assemblée sort l'ordre de la retenir. Une rumeur lui parvient même, fausse, selon laquelle on l'a excommuniée, on l'a retranchée de la communion de l'Église.

Alors que son propre Ordre se dresse contre elle, Gratien et un confesseur lui ordonnent d'écrire. En juin 1577, à Tolède, elle commence le Château intérieur, qu'on appelle aussi les Demeures. L'âme y est un château aux sept demeures, sept pièces emboîtées les unes dans les autres. C'est aussi un ver à soie qui s'enferme dans son cocon et en sort papillon. Et au terme du chemin, il y a l'union des deux époux, l'âme et le Christ.

Elle l'achève en novembre, de retour à Saint-Joseph d'Avila. Pour son enseignement, le pape Paul VI la proclamera en 1970 docteur de l'Église, la première femme à recevoir ce titre.

Quelques jours plus tard, une nuit de décembre, les frères de l'ancienne branche de l'Ordre, opposés aux déchaux, s'emparent de frère Jean de la Croix, le frère qu'elle avait gagné à Medina, et l'enferment dans le cachot de leur couvent de Tolède. Le lendemain, depuis Avila, Thérèse écrit au roi Philippe II pour le défendre.

Et comme si cela ne suffisait pas, la veille de Noël, elle tombe dans sa maison de Saint-Joseph et se démet le bras gauche. Le bras dans cet état et l'ami en prison, elle passe tout l'hiver. En mai, une guérisseuse le lui remet en place, au prix d'une douleur terrible.

En 1578 arrive en Espagne un nouveau représentant du pape, le nonce Filippo Sega. Il retire ses pouvoirs à Gratien et place les déchaux, frères et religieuses, sous les supérieurs de l'ancienne branche de l'Ordre, celle qui s'opposait à la réforme. On rapporte qu'il l'a traitée de femme inquiète, vagabonde, désobéissante et obstinée, une femme qui ne tient pas en place et n'obéit pas.

Cette année-là, deux nouvelles lui parviennent. Frère Jean a réussi à s'échapper de sa prison de Tolède. Et à Rome, le général Rubeo est mort. Thérèse le pleure, même si c'est lui qui avait ordonné de la retenir.

Finalement, ce sont les conseillers du nonce lui-même qui prennent le parti des déchaux, et en 1580 le pape Grégoire XIII, par un bref, une lettre du pape qui a force de loi, leur accorde une province propre, le droit de se gouverner eux-mêmes.

Cette province en main et le bras encore douloureux, Thérèse reprend une fois de plus la route, vers le nord.

Il est temps

Son dernier voyage vers le nord commence par un adieu. Fin 1581, à Avila, elle retrouve frère Jean de la Croix. C'est la dernière fois. Ils se connaissaient depuis Medina, quatorze ans plus tôt, quand il pensait encore partir pour la chartreuse.

En plein hiver, elle arrive à Burgos, la santé usée. L'archevêque lui oppose des difficultés pendant des mois, et ce n'est qu'en avril 1582 qu'elle y ouvre son dernier Carmel. En mai, Gratien, qui l'a accompagnée pendant le voyage, prend congé d'elle. Le même mois, l'Arlanzón, la rivière de la ville, entre en crue, et l'eau envahit la maison.

À l'été, elle prend le chemin du retour. Elle veut arriver à Avila pour voir sa nièce prononcer ses vœux. Mais frère Antonio de Heredia, celui qui, à Medina, s'était offert le premier pour la réforme, lui ordonne de changer de route et de se rendre à Alba de Tormes. Elle obéit et arrive très malade. Quelques jours plus tard, elle se couche pour ne plus se relever.

Entre les pages de son bréviaire, le livre de la prière de chaque jour, elle garde un court poème: «Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout, celui qui possède Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit.»

La femme qui, à l'Incarnation, entendait l'horloge et désirait que s'achève l'heure de l'oraison ne compte plus les minutes. Elle attend maintenant une autre heure.

Le 3 octobre, on lui apporte dans sa cellule le viatique, la dernière communion de celui qui va mourir. Près de son lit se tiennent Anne de Saint-Barthélemy, la sœur qui la soigne comme infirmière, et le prêtre qui lui donne les derniers sacrements. En recevant le Christ, Thérèse s'écrie: «Il est temps, mon Époux, que nous nous voyions.»

Dans ses dernières heures, elle agonise en paix. Ceux qui la veillent l'entendent répéter des psaumes, rendant grâce à Dieu et attendant du Christ le salut. Elle dit qu'elle meurt fille de l'Église et demande pardon pour ses péchés. Frère Antoine la supplie de ne pas mourir si tôt, et elle lui répond que ce n'est plus nécessaire. «Mon père, je ne suis plus nécessaire.»

Elle meurt vers neuf heures du soir, le 4 octobre 1582.

Cette nuit-là même entre en vigueur le nouveau calendrier du pape Grégoire XIII, qui accorde les dates à la course du soleil, et au jeudi 4 octobre succède le vendredi 15. En une seule nuit, dix jours s'effacent. Ce vendredi 15, on l'enterre à Alba, et c'est à cette date que l'Église entière célèbre chaque année sa mémoire.

On la laisse dans la maison où elle est morte.

Pourtant, elle marchait

Les religieuses d'Alba veillent sur sa tombe. Dans ce Carmel s'est gardé le souvenir que son corps, enseveli sans être embaumé, était resté pendant des décennies comme au premier jour.

Avila et Alba en vinrent à se le disputer. En 1585, on le transporta à Saint-Joseph d'Avila, et l'année suivante il revint à Alba. Près de son tombeau d'Alba, on commença à parler de grâces obtenues par son intercession. Cette renommée aida à ouvrir à Salamanque l'examen de sa vie, et en 1622 le pape Grégoire XV la proclama sainte.

Ce corps repose aujourd'hui derrière une grille, dans une châsse d'argent offerte par les rois d'Espagne au dix-huitième siècle. Pour arriver jusqu'à lui, il faut dix clés.

À l'été 2024, on se sert de toutes. D'abord, les carmélites de la maison, un tribunal de l'Église et quelques religieux transportent les reliquaires de son cœur et de son bras, conservés eux aussi à Alba. Ils le font en chantant le Te Deum, l'antique hymne d'action de grâce. Avec eux se trouve le père Marco Chiesa, le frère chargé des causes de sainteté des carmes déchaux. Ils retirent la dalle de marbre. Trois clés ouvrent la grille, trois le tombeau et quatre la châsse.

Ils prient devant le corps. Après plus de quatre siècles sous terre, ce corps ne devrait plus être aujourd'hui que des ossements. Celui de Thérèse est tel qu'en 1914, la dernière fois qu'on avait ouvert la châsse. La peau est sèche et a perdu toute couleur, et pourtant les experts distinguent presque nettement le visage de Thérèse. C'est ce corps que tant de fidèles appellent incorrompu.

Reste le pied. Son corps n'est pas entier à Alba. Comme on le faisait pour les saints, certaines parties ont été partagées comme reliques, et à Rome on conserve un pied. Ce pied a été étudié lui aussi, et le père Chiesa raconte ce qu'on y a vu, des excroissances de l'os, des épines calcaires qui rendent la marche presque impossible. Et il ajoute: «Pourtant, elle marchait.»

Enfant, elle partit d'Avila vers la terre des Maures, et il lui fallut revenir. Après sa maladie, elle se remit à marcher en commençant à quatre pattes. Elle parcourut la Castille, la Mancha et l'Andalousie en charrette et à dos de mule. Et la religieuse qui passa près de vingt ans à regarder l'horloge pendant l'oraison finit par marcher avec cet ami jusqu'au dernier jour, sur des pieds qui pouvaient à peine la porter.

Et si l'heure qui nous paraît longue était aussi l'heure d'un ami qui attend?

Sainte Thérèse de Jésus, toi qui entendais l'horloge pendant l'oraison et ne l'as pas abandonnée, apprends-nous à nous entretenir seul à seul avec celui dont nous savons qu'il nous aime. Toi qui as réappris à marcher en commençant à quatre pattes, accompagne les malades qui aujourd'hui ne peuvent se relever. Toi qui as demandé à la Vierge d'être ta mère, console ceux qui pleurent les leurs. Obtiens-nous ta confiance, afin que rien ne nous trouble et que rien ne nous effraie. Et qu'au terme du chemin nous puissions attendre avec toi l'heure de voir l'Époux. Priez pour nous. Amen.

Sources

Fuentes primarias (siglo XVI)

  • Teresa de Jesús, Libro de la Vida (1565), caps. 6-8 y 31-33, edición anotada — mercaba.org
  • Teresa de Jesús, Libro de las Fundaciones (1573-1582) — es.catholic.net
  • Teresa de Jesús, Camino de perfección 1,2 (1566-1567), citado en la homilía de Pablo VI — vatican.va
  • Jerónimo Gracián, Escolias (s. XVI), citado por A. Hevia Ballina — alfayomega.es
  • María de San José, Libro de las recreaciones (s. XVI), citado por A. Hevia Ballina — alfayomega.es
  • Ana de Jesús, declaración en el proceso de beatificación (BMC 18, 465), en nota a Vida 31 — mercaba.org
  • Domingo Báñez, declaración en el proceso (BMC XVIII, 6-7) y censura de la Vida (1575) — mercaba.org; teresavila.com
  • Pedro Ibáñez, Dictamen (BMC 2, 131), en nota a Vida 32 — mercaba.org
  • María de San José, Memorias Historiales R 141, en nota a Vida 32 — mercaba.org
  • Juan Bautista Rubeo, carta a la priora de Medina (1569, MHCT 2,317), citada por T. Álvarez — teresavila.com

Documentos eclesiásticos y estudios

  • Pablo VI, Homilía en la proclamación de santa Teresa de Jesús como Doctora de la Iglesia (1970) — vatican.va
  • Benedicto XVI, Audiencia general: Santa Teresa de Jesús (2011) — vatican.va
  • Tomás Álvarez, «Teresa de Jesús», Diccionario teresiano (2018) — Editorial Monte Carmelo, teresavila.com
  • teresavila.com, «9.- Nada te turbe» — Editorial Monte Carmelo
  • Guillermo Serés, Biografía de Santa Teresa de Jesús — Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes
  • Daniel de Pablo Maroto, «Muerte y resurrección de santa Teresa» (2022) — CIPECAR
  • Eduardo Sanz de Miguel, «La Transverberación de santa Teresa de Jesús» (2021) — padreeduardosanzdemiguel.blogspot.com

Iconografía

  • Agustín Hevia Ballina, «El verdadero retrato» (2015) — Alfa y Omega

Contexto contemporáneo

  • Diócesis de Ávila (Auxi Rueda), «El cuerpo de Santa Teresa de Jesús sigue incorrupto casi cinco siglos después de su muerte» (2024) — diocesisdeavila.com
  • misalcatolico.com, Misa del 15 de octubre de 2025 (misal en línea no oficial)

L’Évangile et le saint du jour, chaque matin dans votre boîte mail

Commencez chaque jour près du Christ et de ses saints : l’Évangile de la messe et une vie qui inspire. Gratuit ; désabonnement à tout moment.

Nous vous enverrons un e-mail de confirmation. De temps en temps, aussi un avis de Fides Viva. Désabonnement en un clic. Confidentialité

jeudi 29 octobre · Évangile

Jésus se lamente sur Jérusalem, qui tue les prophètes

Le même jour, quelques Pharisiens vinrent lui dire : « Retirez-vous et partez d’ici ; car Hérode veut vous faire mourir. » Il leur répondit : « Allez et dites à ce renard : Je chasse les démons et guéris les malades…