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FIDES VIVA

5 octobre

Sainte Faustine Kowalska

L'apôtre de la Miséricorde divine et son Petit Journal

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Chapitres
  1. 0:00L'ange qui la réveillait
  2. 5:04La musique du parc Venise
  3. 8:09« Cette fille n'est pas pour nous »
  4. 12:00La nuit et le gendre
  5. 14:36La cellule de Płock
  6. 18:31Le prêtre qui ne voulait pas croire
  7. 22:34La fenêtre d'Ostra Brama
  8. 25:49Le chapelet à Prądnik
  9. 29:28Le cierge a brûlé tout le temps
  10. 32:59Dix-neuf ans sur l'autel
  11. 36:33Le dimanche qu'elle avait demandé
  12. 40:22Sous l'image

Un dimanche d'hiver, à la tombée de la nuit, en Pologne, dans sa cellule du couvent de Płock, une jeune religieuse qui vend du pain dans une boutique voit Jésus vêtu de blanc. De sa poitrine sortent deux rayons, l'un rouge, l'autre pâle. Il lui demande une image, portant une phrase toute courte.

Cette religieuse s'appelait Hélène Kowalska. Au couvent, elle était sœur Faustine. Elle ne savait pas peindre. Elle n'était allée à l'école que trois ans à peine, et l'une de ses formatrices l'avait jugée «pas du tout prometteuse».

Aujourd'hui, cette image se trouve dans des maisons et des paroisses partout dans le monde. Beaucoup prient le Chapelet que Jésus lui a enseigné, et l'Église tout entière célèbre le dimanche de la Miséricorde divine, qu'elle avait demandé. Mais avant cela, il y a eu un prêtre qui ne l'a pas crue et qui a fait examiner sa santé mentale. Il y a eu des cahiers qu'elle a brûlés elle-même. Et il y a eu un jour où Rome a interdit de propager cette dévotion telle qu'elle l'avait laissée. Ce dimanche de la Miséricorde divine viendrait, mais elle ne le verrait pas.

Cette phrase, la voici: Jésus, j'ai confiance en toi.

Qui était cette jeune fille que presque personne ne croyait, et comment ces quelques mots sont-ils arrivés sur les lèvres de millions de personnes?

L'ange qui la réveillait

C'était la nuit, dans une maison basse de Głogowiec, à l'écart des routes, avec une petite chapelle devant. Une fillette s'est levée de son lit, s'est mise à genoux et a commencé à prier. C'était Hélène, la troisième des dix enfants d'un couple de paysans pauvres. Elle était née en 1905 dans ce village du centre de la Pologne, sur une terre que la Russie gouvernait encore.

Sa mère, qui ne savait pas lire mais qui enseignait la foi à ses enfants, l'a trouvée à genoux et l'a grondée: «Tu vas devenir folle, à te réveiller comme ça au lieu de dormir.» La fillette lui a répondu: «Petite maman, c'est sûrement l'ange qui me réveille pour que je ne dorme pas et que je prie.» Le matin, c'était le père qui chantait le Petit Office de la Vierge. Quand la mère le reprenait parce qu'il allait réveiller les enfants, il répondait: «Dès tout petits, ils doivent apprendre que le plus important, c'est Dieu.»

Cette prière de la nuit avait un commencement. À sept ans, elle assistait aux vêpres de la paroisse, la prière du soir, avec le Seigneur Jésus exposé dans l'ostensoir sur l'autel. Là, elle a senti pour la première fois l'amour de Dieu remplir son petit cœur. Depuis ce jour, elle se savait appelée.

À neuf ans, elle a fait sa première communion et elle est rentrée seule à la maison. Une voisine lui a demandé pourquoi elle ne rentrait pas avec ses amies. Elle a répondu: «Je ne rentre pas seule, je rentre avec le Seigneur Jésus.»

Sa foi se traduisait en gestes. Des pauvres venaient au village demander du pain, et un jour elle a mis les vieux vêtements de sa mère et elle est allée de maison en maison, déguisée en mendiante. Ce qu'elle avait récolté, elle l'a remis au curé, pour eux. Elle lisait à voix haute des vies de saints tirées de la petite bibliothèque de son père. Le lendemain, en gardant les bêtes, elle les racontait aux autres enfants: des ermites qui ne mangeaient que des racines, des baies et du miel sauvage. Elle leur disait que, plus grande, elle entrerait au couvent. Eux, ils riaient.

Mais la pauvreté imposait ses limites. L'école est arrivée à Świnice, le bourg de la paroisse, en 1917, quand ces terres ont été libérées de la domination russe. Pour Hélène, cela a peu duré: elle a dû laisser sa place aux enfants plus jeunes.

À seize ans, elle a quitté les siens pour la première fois. Elle est partie servir à Aleksandrów, près de la ville de Łódź, dans une maison avec boutique et boulangerie, où l'on n'avait pas l'eau courante. Elle portait les seaux, faisait le ménage et servait le repas aux boulangers. Un jour, elle a vu là une grande clarté. Elle a cru à un incendie et elle a crié, juste au moment où les boulangers enfournaient le pain. Rien ne brûlait.

Peu après, elle est retournée à Głogowiec et a demandé la permission d'entrer au couvent. Ses parents lui ont dit non. Ils ne voulaient pas de cette vie pour la meilleure de leurs filles, et ils ont prétexté qu'il n'y avait pas d'argent pour la dot, ce qu'une candidate devait apporter en entrant.

Hélène est repartie servir, cette fois à Łódź, et l'appel est parti avec elle.

La musique du parc Venise

Dans la maison de Łódź où elle habitait, il y avait un homme malade, réfugié dans un recoin sous l'escalier. Hélène lui descendait à manger. Elle s'est souciée aussi de son âme et lui a trouvé un prêtre.

À dix-huit ans, elle a de nouveau demandé à ses parents de la laisser entrer au couvent. La réponse a été la même: non. Alors elle s'est livrée aux divertissements de la vie. Les appels de la grâce ne cessaient pas, et ils étaient devenus pour elle «un grand tourment». Elle essayait de les faire taire en s'étourdissant. C'est pourquoi, quand on l'a invitée à une fête dansante au parc Venise, elle a dit oui.

À peine s'était-elle mise à danser, en ce mois de juillet 1924, qu'elle a vu soudain Jésus à côté d'elle. Il était supplicié, dépouillé de ses vêtements, couvert de plaies. Il lui a parlé:

«Jusqu'à quand me feras-tu souffrir, jusqu'à quand me tromperas-tu?»

Elle a dit à ceux qui l'accompagnaient qu'elle avait mal à la tête, et elle est partie. L'église la plus proche était la cathédrale Saint-Stanislas-Kostka.

À l'intérieur, devant le Saint-Sacrement, elle s'est prosternée les bras en croix, étendue sur le sol. Elle a demandé au Seigneur de lui dire ce qu'elle devait faire. La réponse est venue, claire, au fond de son âme:

«Pars immédiatement pour Varsovie, là-bas tu entreras au couvent.»

Elle n'a pas redemandé la permission à ses parents. Elle a rassemblé ses affaires et elle est partie pour la capitale.

À Varsovie, elle ne connaissait personne. Elle est allée demander de l'aide au curé de l'église Saint-Jacques. Le prêtre a écrit quelques lignes sur une carte: il ne connaissait pas la jeune fille, mais il souhaitait qu'elle trouve à servir. Avec cette carte, il l'a envoyée à Ostrówek, chez une famille qui avait besoin d'aide avec ses enfants.

Là-bas, on l'a traitée comme quelqu'un de la famille. La maîtresse de maison entendait souvent son rire, franc et joyeux, et sa voix, car elle chantait beaucoup. Un chant revenait toujours sur ses lèvres: «Je veux adorer Jésus caché dans le Sacrement.»

La maîtresse de maison songeait à la marier. Mais pendant l'octave de la Fête-Dieu, les huit jours qui prolongent la fête du Corps du Christ, au cours des vêpres, Dieu a rempli l'âme d'Hélène d'une lumière intérieure. Avec des mots simples, elle a promis à Jésus de rester chaste pour toujours. À ce moment-là, elle s'est fait «une petite cellule» dans son cœur, et c'est là qu'elle le retrouverait toujours.

La carte du curé lui avait procuré un travail. Il lui manquait encore un couvent. D'Ostrówek, elle prenait le train pour Varsovie, encore et encore, pour frapper à la porte des couvents.

«Cette fille n'est pas pour nous»

À Varsovie, dans chaque couvent où elle frappait, on la renvoyait. Elle a fini par frapper à la porte d'une congrégation, rue Żytnia. L'une des religieuses de cette maison, qui deviendrait des années plus tard sa formatrice, résumerait sa première impression sans détour: «Une maigrichonne, chétive, pauvre, sans expression, pas prometteuse du tout.»

La supérieure de la maison, mère Michaela Moraczewska, a voulu la voir elle-même et elle est descendue au parloir, la salle où les sœurs recevaient les visites. Elle a entrouvert la porte. La jeune fille était assise et ne l'a pas vue. Elle avait l'air un peu négligé. La mère s'est dit: «Eh, cette fille n'est pas pour nous!»

Elle a refermé la porte sans bruit. Elle allait envoyer une autre sœur lui porter le refus.

Mais elle s'est arrêtée. Par amour du prochain, elle devait au moins lui poser quelques questions. Elle est revenue et lui a parlé. De près, la mère a été gagnée par le sourire de la jeune fille, son visage, sa simplicité et son bon sens, et elle a vite voulu l'accepter.

Hélène, elle, se souvenait d'autre chose encore, ce matin-là. La supérieure l'a envoyée demander au «Maître de la maison», et elle a compris qu'elle devait aller à la chapelle. Là, devant Jésus, elle a entendu au fond de son âme: «Je te reçois, tu es dans mon Cœur.» Elle est retournée au parloir et le lui a répété. La réponse a été: «Si le Seigneur t'a reçue, moi aussi je te reçois.» Mère Michaela, dans son propre souvenir, n'a gardé que la porte et les questions.

Restait la pauvreté. Hélène n'avait pas de trousseau, les vêtements et le strict nécessaire que chaque candidate devait apporter en entrant. Cette congrégation était née pour accueillir des jeunes filles qui avaient besoin de refaire leur vie, et la maison n'avait pas les moyens de le lui fournir. Elles sont convenues qu'elle travaillerait quelque temps et qu'elle apporterait ses économies. La supérieure lui a dit au revoir et a oublié l'affaire.

Des mois plus tard, une toute jeune fille s'est présentée à la porterie avec soixante zlotys qu'elle demandait qu'on lui garde, en disant qu'elle le faisait sur l'indication de la supérieure. On l'a écrit à mère Michaela, qui se trouvait déjà à Vilnius, et il lui a fallu un moment pour se rappeler de qui on lui parlait. Au bout d'un an, il y en avait plusieurs centaines: de quoi payer le modeste trousseau d'une religieuse.

Le 1er août 1925, veille de la fête de Notre-Dame-des-Anges, Hélène a franchi le seuil de la clôture, la partie du couvent réservée aux sœurs. Elle était profondément heureuse, comme si elle entrait «dans la vie du paradis».

Trois semaines plus tard, quelque chose lui pesait. Dans cette maison, il restait peu de temps pour prier. Elle a décidé de passer dans un couvent à la règle plus stricte.

Ce soir-là, prosternée les bras en croix dans sa cellule, elle a vu le visage douloureux de Jésus. Elle lui a demandé qui lui avait fait tant de mal. Elle a entendu:

«C'est toi qui vas me blesser douloureusement si tu quittes ce couvent. C'est ici que je t'ai appelée, et nulle part ailleurs, et je t'ai préparé beaucoup de grâces.»

Elle a demandé pardon. Et sur-le-champ, elle a changé d'avis.

Mais sa santé a commencé à flancher, et on l'a envoyée se reposer dans une maison des environs, à Skolimów.

La nuit et le gendre

Dans cette maison de Skolimów, le corps épuisé par les jeûnes, Hélène a demandé à Jésus pour qui elle devait prier. La réponse a été une vision du purgatoire. C'était un lieu «brumeux, plein de feu», où le plus grand tourment des âmes était la nostalgie de Dieu. Au fond de son âme, elle a entendu: «Ma miséricorde ne le veut pas, mais la justice l'exige.»

Depuis ce jour, elle a prié pour ces âmes avec plus de ferveur.

Au noviciat de Cracovie, à Łagiewniki, elle s'appelait déjà sœur Marie-Faustine. À la fin de la première année, son âme s'est obscurcie. C'était le début de sa nuit obscure, un temps où la prière n'apporte plus aucune consolation et où Dieu semble être parti. Elle ne comprenait plus ce qu'elle lisait. Elle avait le sentiment que sa prière ne plaisait pas à Dieu. Elle n'osait pas lever les yeux vers Lui: elle se prosternait «comme de la poussière à ses pieds» et mendiait sa miséricorde. Elle en est venue à penser avec force que Dieu l'avait rejetée.

La maîtresse des novices a reconnu ce qui lui arrivait. Elle lui a demandé de laisser les longues prières et de dire des oraisons jaculatoires, des prières toutes brèves qui tiennent dans un soupir. Et elle lui a expliqué que Dieu est toujours Père, même quand il met à l'épreuve.

Il y a eu aussi des jours de lumière. Au printemps 1928, le jour de ses premiers vœux, ses parents ont franchi la porte du couvent. Ils ne l'avaient pas vue depuis des années. Ils l'ont trouvée heureuse, pleine de joie. À son père, qui s'y était opposé de toutes ses forces, la jeune religieuse a dit:

«Tu vois, papa… Celui à qui j'ai fait mes vœux, c'est mon époux et ton gendre.»

Ces mots et la joie de leur fille les ont convaincus. Ils ont accepté sa vie de religieuse.

Ensuite, on l'a envoyée de maison en maison, et dans plusieurs d'entre elles, on l'a affectée à la cuisine; dans ses dernières années, la porterie aussi. À Płock, on l'a placée derrière le comptoir d'une boutique, pour vendre le pain qui sortait de la boulangerie. Un dimanche de février 1931, à la tombée de la nuit, elle est rentrée dans sa cellule.

La cellule de Płock

Dans la pénombre se tenait Jésus, vêtu de blanc. Il avait la main droite levée pour bénir. De la gauche, il touchait sa tunique sur sa poitrine, et de là jaillissaient deux rayons, l'un rouge, l'autre pâle. Sœur Faustine le regardait en silence. Au bout d'un moment, il a parlé:

«Peins une image selon le modèle que tu vois, avec la signature: Jésus, j'ai confiance en toi.»

Jésus voulait que cette image soit vénérée d'abord dans la chapelle des sœurs, puis dans le monde entier. Et il lui a promis que l'âme qui la vénérerait ne périrait pas.

Elle s'en est ouverte à son confesseur. Le prêtre l'a écoutée et lui a donné une réponse prudente: peindre cette image dans son âme. Mais en sortant du confessionnal, Faustine a entendu: «Mon image est déjà dans ton âme.» Jésus la voulait peinte au pinceau et bénie solennellement le premier dimanche après Pâques: «Ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde.»

La supérieure de la maison a demandé un signe. La réponse de Jésus a été simple: le signe, ce seraient les grâces qu'il accorderait par cette image. Ce signe-là, il faudrait l'attendre.

Faustine ne savait pas peindre. Elle a demandé de l'aide à une autre sœur, qui ne savait pas davantage et lui a proposé de choisir parmi les nombreuses jolies petites images pieuses qu'elle gardait. Faustine l'a remerciée et n'en a accepté aucune.

Dans les couloirs, les murmures ont commencé. Certaines la mettaient en garde: elle était le jouet d'une illusion. D'autres la réprimandaient, la traitant d'hystérique et d'exaltée. Elle a décidé de tout supporter en silence. Les supérieures la renvoyaient aux prêtres, et les prêtres, aux supérieures.

Quand Jésus est revenu, elle lui a demandé: «Jésus, es-tu mon Dieu ou un fantôme? Mes supérieures me disent qu'il existe des illusions et toutes sortes de fantômes.» S'il était son Seigneur, qu'il la bénisse. Il a tracé sur elle un grand signe de croix, et elle s'est signée. Puis elle lui a demandé pardon de lui avoir posé la question. Jésus lui a répondu que cela ne lui avait pas déplu. Au contraire: sa confiance lui plaisait beaucoup.

Cette confiance a trouvé un appui à Walendów, en novembre 1932, pendant une retraite, des journées entières de silence et de prière. Un jésuite qui enseignait à Rome l'a entendue en confession. Il l'a assurée que ce qu'elle vivait n'était ni hystérie, ni rêve, ni illusion. Il lui a demandé d'être fidèle à ces grâces et de prier Dieu de lui donner un directeur pour la guider.

Pleine de joie, elle a poursuivi jusqu'à Varsovie pour sa troisième probation, le dernier temps de préparation avant les vœux pour toujours. Là, elle a parlé avec la mère générale, mère Michaela, celle qui, des années plus tôt, l'avait reçue au parloir de la rue Żytnia. Faustine lui a dit qu'elle devait peindre un tableau.

La mère générale lui a répondu:

«Bien, ma sœur, je vous donnerai la peinture et la toile pour que vous peigniez.»

Faustine est repartie, peinée.

À Cracovie, elle a prononcé ses vœux perpétuels, et l'évêque lui a remis un anneau où était gravé le nom de Jésus. Ensuite, on l'a envoyée à Vilnius pour s'occuper d'un jardin, elle qui n'avait jamais été jardinière. Là-bas, elle attendait le prêtre que le Seigneur lui avait promis.

Le prêtre qui ne voulait pas croire

À Vilnius, une ville qui appartient aujourd'hui à la Lituanie, arriva la semaine où la communauté se confessait. En voyant le prêtre, sœur Faustine a reconnu avec joie un visage qu'elle connaissait déjà par une vision, et elle a entendu dans son âme: «Voici mon fidèle serviteur, il t'aidera à accomplir ma volonté ici sur la terre.»

C'était le père Michel Sopoćko, confesseur des sœurs et professeur à l'université de la ville. Elle lui a dit sans détour qu'elle le connaissait par une vision et qu'il devait être son directeur. Le prêtre a dédaigné ce récit et a décidé de la mettre à l'épreuve.

Avec la permission de la supérieure, Faustine a cherché un autre confesseur. Au bout d'un certain temps, elle est revenue. Elle lui a dit qu'elle pouvait supporter tout ce qu'il faudrait, mais qu'elle n'essaierait plus de l'éviter.

Lui craignait des illusions, des hallucinations. Il a demandé des renseignements à la supérieure de la maison, mère Irène, ainsi qu'un examen de la santé physique et mentale de cette sœur. La médecin qui l'a examinée a conclu qu'elle jouissait d'une bonne santé mentale.

Malgré cela, le père Sopoćko a attendu. Il a prié. Il a consulté d'autres prêtres sans leur dire de qui il s'agissait. Il a fini par décider de faire peindre l'image, sans cacher pourquoi: «poussé davantage par la curiosité de savoir à quoi ressemblerait l'image que par la foi en l'authenticité des visions de sœur Faustine».

Au début de 1934, avec mère Irène, Faustine est entrée pour la première fois dans l'atelier d'Eugeniusz Kazimirowski. C'était un peintre qui habitait la même maison que le père et qui avait accepté la commande contre rémunération. Pour ne pas attirer l'attention des sœurs, chaque samedi, elles allaient à la messe au sanctuaire de Notre-Dame d'Ostra Brama, puis passaient à l'atelier. Là, elle indiquait chaque détail.

Le père posait des questions sur les rayons, sur l'inscription. Elle les portait à Jésus dans la prière et revenait avec la réponse: les rayons étaient le Sang et l'Eau, et le regard devait être «semblable au regard du haut de la croix». Quand le tableau a été presque fini, mère Irène et Faustine sont venues le voir pour l'approuver. Faustine n'a pas été tout à fait contente, et le peintre s'en est inquiété.

En juin, le tableau était terminé. De retour dans la chapelle du couvent, Faustine s'est plainte en pleurant: «Qui te peindra aussi beau que tu es?»

La réponse est venue: «Ce n'est pas dans la beauté de la couleur ni du pinceau qu'est la grandeur de cette image, mais dans ma grâce.»

Le père Sopoćko n'a pas osé demander à l'archevêque la permission de l'accrocher dans une église: il avait honte d'expliquer d'où venait le tableau. Il l'a placé dans un couloir sombre près de l'église Saint-Michel, dont il était recteur.

Pendant ces mois-là, il lui avait demandé une autre obéissance: écrire ce qu'elle vivait. Elle a commencé des cahiers. Un jour, alors que le père était absent de Vilnius, un prétendu ange lui a suggéré de les brûler, et elle a jeté au feu ce qu'elle avait écrit. Pour les sœurs de sa congrégation, cela ne fait aucun doute: cet ange venait déguisé, et c'était un démon.

Quand le père est revenu, elle lui a tout raconté. Il lui a demandé de tout réécrire. C'est pourquoi le premier cahier mêle ce qu'elle vivait alors à des souvenirs d'années plus anciennes. C'étaient les cahiers de son Petit Journal, ceux-là mêmes qui, un jour, recopiés avec des erreurs, arriveraient à Rome.

Le tableau, pendant ce temps, restait dans la pénombre de son couloir.

La fenêtre d'Ostra Brama

Sœur Faustine demandait au père d'accrocher l'image dans l'église coûte que coûte, et lui ne montrait aucune hâte. Pendant la Semaine sainte de 1935, elle lui a apporté une demande précise: Jésus insistait pour que l'image soit exposée trois jours à Ostra Brama, le sanctuaire de la Vierge. C'est là que devait se clore le Jubilé de la Rédemption, qui marquait les dix-neuf siècles de la Passion. La clôture tombait justement le premier dimanche après Pâques, celui-là même que Jésus lui avait demandé à Płock pour la fête de la Miséricorde.

Peu après, le recteur du sanctuaire a demandé au père de prêcher pour cette clôture. Il a accepté à une condition: que l'on place l'image de la Miséricorde à la fenêtre du porche.

Et elle y est restée, du 26 au 28 avril, tout en haut, visible de très loin. L'image attirait tous les regards, plus encore que celle de la Vierge. Faustine se tenait parmi la foule.

Pendant que le père prêchait sur la miséricorde de Dieu, Faustine a vu l'image prendre un aspect vivant et les rayons pénétrer dans le cœur des gens rassemblés. Elle a entendu: «Tu es témoin de ma miséricorde.»

Une fois la fête terminée, le tableau a regagné son recoin sombre. Il allait y rester deux ans encore, jusqu'à ce qu'on le bénisse et qu'on l'installe enfin à l'intérieur de l'église Saint-Michel.

Dans sa cellule de Vilnius, un vendredi de septembre, Faustine a vu un ange qui venait sur la terre châtier le monde pour ses péchés. Elle l'a supplié d'attendre, en lui disant que le monde ferait pénitence. Mais devant la majesté de la Très Sainte Trinité, elle n'a pas osé renouveler sa supplication.

C'est seulement lorsqu'elle a senti dans son âme la force de la grâce qu'elle s'est mise à prier, avec des paroles qu'elle entendait au fond d'elle. Et pendant qu'elle priait, elle a vu que l'ange ne pouvait pas exécuter le châtiment.

Le lendemain matin, quand elle est entrée dans la chapelle, Jésus lui a appris à dire cette prière sur un chapelet ordinaire. Sur les grains du Notre Père: «Père Éternel, je T'offre le Corps et le Sang, l'Âme et la Divinité de Ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier.» Sur ceux du Je vous salue Marie: «Par sa douloureuse Passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier.» C'était le Chapelet de la Miséricorde divine.

Faustine a apporté cette prière à la mère générale, mère Michaela, sur une feuille écrite de sa main. La mère générale n'a pas permis qu'on la récite en communauté: le soir, les sœurs disaient déjà un chapelet semblable.

— Mais celle-ci, ce n'est pas la même, a répondu Faustine.

La mère générale a gardé cette feuille.

En mars de l'année suivante, Faustine a quitté Vilnius pour toujours; son chemin la ramènerait à Cracovie. L'image restait cachée dans son couloir.

Le chapelet à Prądnik

Guidée par un ange, sœur Faustine s'est trouvée dans les abîmes de l'enfer. C'était à la fin d'octobre 1936. La première peine qu'elle a vue, celle qui fait de ce lieu un enfer, était la perte de Dieu. Puis venaient les remords qui ne cessent jamais et un feu qui pénètre l'âme sans l'anéantir. Elle en serait morte si la toute-puissance de Dieu ne l'avait pas soutenue. Une chose est restée gravée en elle: la plupart des âmes qui se trouvaient là ne croyaient pas que l'enfer existait.

Revenue à elle, elle n'arrivait pas à se remettre de son effroi. Dès lors, elle a prié avec plus de ferveur pour la conversion des pécheurs, et elle implorait pour eux sans relâche la miséricorde de Dieu. Cette supplication allait très vite prendre un visage.

Elle était atteinte de la tuberculose, qui avait déjà gagné ses poumons et son appareil digestif. En décembre, on l'a fait entrer à Prądnik, l'hôpital de Cracovie pour les malades contagieux. Au troisième jour, elle a trouvé une femme à l'agonie, et elle a entendu dans son âme: «Récite le chapelet que je t'ai appris.»

Elle a couru chercher son chapelet, s'est agenouillée près du lit et a prié. Soudain, la mourante a ouvert les yeux, a posé son regard sur sœur Faustine et s'est éteinte dans une sérénité mystérieuse.

Presque deux ans plus tard, le père Sopoćko est venu à Cracovie et il est allé la voir à l'hôpital, où elle était soignée pour la deuxième fois. Il l'a trouvée prête à mourir. Ils ont parlé d'un autre projet qu'elle avait eu, en plus du tableau et de la fête: fonder une nouvelle congrégation. Cette fois, la malade lui a dit que ce n'avait été qu'une illusion, et que tout le reste l'était peut-être aussi. Il a promis de poser la question à Jésus dans la prière.

Le lendemain, le père a célébré la messe pour elle. À l'autel, une idée lui est venue: elle n'avait pas pu peindre le tableau, elle n'avait fait que donner les indications, et de la même façon elle ne pouvait pas fonder la congrégation, seulement l'orienter. Quand il est revenu, elle lui a dit qu'il n'était plus nécessaire d'en parler, car elle savait que Jésus lui avait donné la lumière pendant cette messe. Puis elle lui a demandé une chose avant toutes les autres: qu'il cherche à faire instituer la fête de la Miséricorde divine le premier dimanche après Pâques.

Le 2 septembre, le père lui avait déjà dit au revoir et s'était éloigné de quelques pas quand il s'est souvenu qu'il lui apportait une douzaine de petits livrets imprimés à Cracovie avec ses prières à elle: la neuvaine, les litanies et le chapelet. Il est revenu aussitôt et a ouvert la porte. Il l'a vue assise, entièrement plongée dans la prière, «presque comme flottant au-dessus du lit», le regard fixé sur quelque chose qu'il ne voyait pas et les pupilles un peu dilatées.

Il a voulu se retirer sans la déranger. Mais elle est revenue à elle, l'a vu et s'est excusée de ne l'avoir entendu ni frapper ni entrer. Le père lui a remis les livrets. Au moment de se quitter, sœur Faustine lui a dit:

— Nous nous reverrons au ciel!

À la mi-septembre, on l'a ramenée au couvent de Łagiewniki, dans une chambre isolée de l'infirmerie, pour y attendre la mort.

Le cierge a brûlé tout le temps

Le père Sopoćko est entré dans cette chambre pour la dernière fois le 26 septembre. Sœur Faustine n'a plus voulu, ou n'a plus pu, s'entretenir avec lui. Elle lui en a donné une seule raison: «Je suis occupée avec mon Père céleste.»

Ce jour-là, elle lui a dit encore autre chose: qu'elle mourrait dix jours plus tard.

Peu avant la fin, la malade s'est un peu redressée dans son lit et a demandé à la supérieure de s'approcher. C'était mère Irène, celle-là même qui, à Vilnius, l'accompagnait le samedi à l'atelier du peintre. Penchée sur l'oreiller, elle l'a entendue murmurer: «Le Seigneur veut m'élever et faire de moi une sainte.»

Mère Irène n'a vu en elle aucun orgueil, mais un grand sérieux: Faustine recevait cette promesse comme un cadeau. La supérieure est sortie de la chambre émue, sans mesurer encore ce qu'elle venait d'entendre.

Le dernier jour de sa vie, à quatre heures de l'après-midi, le père Józef Andrasz, son confesseur de Cracovie, l'a entendue en confession et lui a donné l'absolution pour la dernière fois.

À l'heure du souper, la sonnette a retenti. Les sœurs se sont levées de table au réfectoire et sont montées. Près du lit se tenaient l'aumônier et mère Irène; les autres sont restées dans le couloir. Ensemble, elles ont récité les prières pour les agonisants. Alors sœur Faustine a dit à la supérieure qu'elle n'allait pas encore mourir. Et les sœurs sont redescendues pour l'office du soir.

Parmi elles se trouvait Euphémie, une junioriste, c'est-à-dire une jeune sœur qui n'avait pas encore prononcé ses vœux perpétuels. Elle avait entendu dire que sœur Faustine serait sûrement une sainte, et elle voulait voir comment meurent les saints. Mais elle n'avait pas la permission de veiller une malade de la tuberculose. Alors elle a demandé aux âmes du purgatoire de la réveiller à temps, s'est couchée dans sa cellule et s'est endormie aussitôt.

Dans la nuit, une voix l'a réveillée: «Ma sœur, si vous voulez assister à la mort de sœur Faustine, levez-vous.»

La sœur qui l'appelait venait chercher sœur Amelia et s'était trompée de cellule. Euphémie est allée réveiller Amelia, a mis son habit et sa coiffe, et toutes deux sont parties en courant vers l'infirmerie.

Dans son lit, sœur Faustine a entrouvert les yeux. Elle a souri un peu. Puis elle a incliné la tête.

Amelia a dit qu'elle était morte. Euphémie a regardé sa compagne sans rien dire. Elles ont continué à prier, et le cierge n'a pas cessé de brûler.

Il était onze heures moins le quart, le soir du 5 octobre 1938. Sœur Faustine avait trente-trois ans.

Deux jours plus tard, on l'a enterrée dans le caveau de la Congrégation, au fond du jardin du couvent. Personne de sa famille n'est venu: elle n'avait pas voulu qu'ils dépensent pour le voyage. Hors de ces murs, presque personne ne savait ce qu'elle laissait: des cahiers, des prières imprimées dans de petits livrets et quelques mots signés au pied d'une image.

Dix-neuf ans sur l'autel

Une photographie du tableau, d'un centimètre à peine, cousue dans la casquette d'un soldat: c'est ainsi que l'image a commencé à voyager sans elle, quand la guerre est arrivée, l'année qui a suivi sa mort. À Vilnius, à la demande du père Sopoćko, un photographe en a tiré près de mille copies de différentes tailles, et certaines ont fini aussi sur des uniformes. Glissées dans des colis, les images entraient dans les prisons et les camps de concentration.

À Cracovie, un peintre qui ne l'avait jamais connue, Adolf Hyła, a peint l'image en ex-voto, une offrande de gratitude à Dieu pour la protection de sa famille pendant la guerre. Cette toile ne s'ajustait pas à l'autel latéral de la chapelle de Łagiewniki; il en a peint une autre aux dimensions exactes de l'emplacement. C'est le père Andrasz, le confesseur qui avait donné l'absolution à Faustine le dernier jour de sa vie, qui l'a bénie. C'était le premier dimanche après Pâques, en 1944: le dimanche où Jésus avait demandé, à Płock, que son image soit bénie.

Au fil des ans, le peintre remplacera le paysage de l'arrière-plan par un sol sous les pieds de Jésus et un fond vert sombre.

En 1959, un document du Saint-Siège est arrivé de Rome: il interdisait de répandre la dévotion sous les formes qu'elle avait transmises.

Sa propre Congrégation en donne l'une des raisons. À Rome, on avait lu une copie dactylographiée de ses cahiers, pleine d'erreurs, traduite en italien, qui ne distinguait même pas quand Jésus parlait. Son Petit Journal n'avait pas encore été publié.

Le document laissait chaque prêtre décider s'il retirait l'image, et dans beaucoup d'églises on l'a enlevée. Dans la chapelle de Łagiewniki, par décision de l'archevêque qui gouvernait alors Cracovie, elle est restée sur son autel. Pendant dix-neuf ans, cet emplacement taillé à sa mesure n'est pas resté vide.

L'histoire de celui qui demanderait de réexaminer cette interdiction commence plus tôt, pendant la guerre, avec un souvenir qui passe de bouche en bouche à Cracovie. Un jeune ouvrier de l'usine Solvay, Karol Wojtyła, faisait un détour en rentrant du travail pour prier sur la tombe de sœur Faustine, au fond du jardin.

Des années plus tard, cet ouvrier était devenu l'archevêque de Cracovie. Il a fait étudier en profondeur la vie et les vertus de sœur Faustine, et il a demandé que l'interdiction soit clarifiée.

En 1978, face aux demandes venues surtout de Pologne, l'organisme du Vatican qui veille sur la doctrine de la foi a examiné de nombreux documents originaux, inconnus en 1959. Il a déclaré que ces interdictions n'obligeaient plus.

Ce qu'elle a vu et entendu, c'est ce que l'Église appelle une révélation privée: elle n'ajoute rien à la foi transmise par le Christ, elle aide à la vivre.

Trois ans plus tard, son Petit Journal a été publié pour la première fois, en polonais, et l'on a pu lire sa propre voix sans les erreurs de cette copie.

Cette même année, une Américaine qui avait cessé de croire est arrivée avec sa famille à Łagiewniki, devant sa tombe.

Le dimanche qu'elle avait demandé

Bob Digan était sûr qu'il y aurait un miracle. Sa femme, Maureen, ne l'était pas. Ils avaient traversé l'océan depuis le Massachusetts avec leur fils de huit ans, et elle n'était venue que pour leur couple. Depuis l'adolescence, elle souffrait d'un lymphœdème, un gonflement chronique qui lui avait déjà coûté une jambe. Depuis des années, elle ne pratiquait plus sa foi, parce qu'elle croyait que Dieu ne l'aimait pas.

Un soir, au sanctuaire, elle récitait le Chapelet avec un groupe. Dans son récit, elle a entendu intérieurement sœur Faustine lui offrir son aide, si elle la lui demandait. Maureen lui a répondu que, si elle l'avait traînée si loin de chez elle, elle n'avait qu'à faire quelque chose, maintenant. Et elle a été guérie, même si, au début, elle ne voulait pas l'admettre.

Les médecins qui l'ont examinée n'ont trouvé aucune explication. Rome a reconnu sa guérison comme le miracle qui ouvrait la voie à la béatification, l'étape qui précède la canonisation. Jean-Paul II, l'ancien ouvrier de l'usine Solvay, a déclaré sœur Faustine bienheureuse sur la place Saint-Pierre.

À Baltimore, le père Ronald Pytel avait le cœur abîmé. Une valve rétrécie laissait passer à peine un cinquième du sang. On l'a opéré, mais son médecin ne lui promettait pas une vie normale.

Le 5 octobre 1995, anniversaire de la mort de sœur Faustine, sa paroisse a passé la journée en prière devant le Saint-Sacrement exposé. L'après-midi, un groupe a demandé sa guérison par l'intercession de la bienheureuse, et le père Pytel a vénéré ses reliques. Ce soir-là, en respirant profondément, il a senti près du cœur une douleur qu'il n'avait jamais connue. Son traitement a commencé à lui faire du mal.

Quelques semaines plus tard, son cardiologue, le docteur Fortuin, a regardé l'échocardiogramme et a fait entrer le prêtre dans son bureau. Il est resté longtemps à le regarder en silence. Puis il lui a dit que quelqu'un avait intercédé pour lui, et il a ajouté: «Votre cœur est sain.» Stupéfait, le prêtre a demandé: «Quoi?» Et le médecin a répété: «Votre cœur est sain.»

En sortant, le père Pytel a appelé son meilleur ami, un autre prêtre, qui lui a répondu: «C'est le miracle que nous demandions.» Médecins et théologiens ont étudié son cas pendant des années, et cette guérison a été le miracle de la canonisation. Le signe demandé à Płock, qu'il avait fallu attendre, arrivait ainsi: des grâces que les médecins ne savaient pas expliquer.

Le 30 avril 2000, c'était le deuxième dimanche de Pâques, c'est-à-dire le premier dimanche après Pâques: celui que Jésus lui avait demandé dans une cellule de Płock, et qu'elle n'avait pas pu voir.

Sur la place Saint-Pierre, Jean-Paul II l'a inscrite au nombre des saints. Il a annoncé que, désormais, dans toute l'Église, ce dimanche s'appellerait dimanche de la Miséricorde divine.

À la fin, il s'est tourné vers elle et a dit avec elle sa prière, dans leur langue à tous deux: «Jezu, ufam tobie». Jésus, j'ai confiance en toi.

Ce dimanche-là, c'est celui qu'elle a demandé pour Jésus. Le sien, dans le calendrier de toute l'Église, est un autre jour: le 5 octobre, le jour où elle est morte à Łagiewniki.

Sous l'image

Loin de la place, dans la chapelle du couvent de Łagiewniki, l'image peinte par un homme qui ne l'avait jamais connue domine l'autel. À ses pieds, la même prière est toujours écrite: Jésus, j'ai confiance en toi.

Sous la table de cet autel se trouve un petit cercueil de marbre blanc. À l'intérieur, un coffret en bois de santal garde les restes de sainte Faustine, que personne ne voit. À trois heures de l'après-midi, l'heure où Jésus agonisait sur la croix, on s'agenouille devant cette image et on récite le Chapelet, grain après grain. C'est l'Heure de la Miséricorde, la prière que Jésus lui a demandée pour cette heure-là, dans ce couvent même.

En France aussi, on trouve de ses reliques: à Montauban, le sanctuaire de la Miséricorde divine, inauguré les 28 et 29 octobre 2017, accueille des reliques de sainte Faustine.

Le premier tableau, celui qui l'avait fait pleurer quand elle l'avait vu achevé et qui avait passé des années dans un couloir obscur, se trouve aujourd'hui à Vilnius, en l'église de la Sainte-Trinité.

La religieuse qui vendait du pain, on l'avait enterrée au fond du jardin. Aujourd'hui, elle repose sous l'image qu'elle ne savait pas peindre. Elle n'a pas vu le dimanche qu'elle avait demandé, et presque personne ne l'a crue. Elle a fait confiance et elle a obéi, même dans l'obscurité, et d'autres ont porté l'image, la prière et le dimanche à toute l'Église.

La confiance d'une jeune fille pauvre tient aujourd'hui en une courte prière, et chaque jour, quelqu'un vient les prier devant sa tombe.

Sainte Faustine, apôtre de la Miséricorde divine, vous qui avez vendu du pain, soigné un jardin et gardé la porterie sans que personne ne sache ce que le Seigneur vous confiait, et qui, dans le doute, avez continué d'obéir jusqu'au bout: obtenez-nous de Jésus miséricordieux la grâce d'avoir confiance en lui quand nous ne comprenons pas, d'être miséricordieux envers celui qui souffre à nos côtés et de ne laisser personne seul à l'heure de sa mort, afin que nous aussi, nous sachions lui dire avec votre simplicité: Jésus, j'ai confiance en toi. Sainte Faustine, priez pour nous. Amen.

Sources

Sources primaires (1934–1948)

  • Michel Sopoćko, Mes souvenirs de sainte Faustine (1948) santafaustina.es
  • Michaela Moraczewska, Souvenir de la supérieure générale (1948), trad. X. Bordas Cornet santafaustina.es
  • Ronald Pytel, « Ron, qui a intercédé pour toi ? » (2000) santafaustina.es

Sources hagiographiques et tradition

  • Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, Biographie (2015) santafaustina.es
  • Congrégation ISMM, Calendrier de la vie de sœur Faustine santafaustina.es
  • Congrégation ISMM, Calendrier (histoire de la Congrégation) (2015) santafaustina.es
  • Elżbieta Siepak ISMM, Image : l'histoire (2015) santafaustina.es
  • Elżbieta Siepak ISMM, La fête de la Miséricorde (2015) santafaustina.es
  • Congrégation ISMM, Chapelet de la Miséricorde divine (2015) santafaustina.es
  • Elżbieta Siepak ISMM, Le Petit Journal (2015) santafaustina.es
  • Congrégation ISMM, Père Michel Sopoćko santafaustina.es
  • Elżbieta Siepak ISMM, Grób św. Siostry Faustyny (2025) — Sanktuarium Bożego Miłosierdzia Kraków-Łagiewniki

Documents ecclésiaux et études

  • Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife, Maria Faustina Kowalska 1905-1938 (2000) — vatican.va
  • Jean-Paul II, Homélie de canonisation de sœur Faustine Kowalska (2000) — vatican.va
  • Congrégation pour la doctrine de la foi, Notification (1978), AAS 70 (1978) 350 — vatican.va
  • Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Décret Prot. N. 229/20 (2020) — vatican.va
  • Catéchisme de l'Église catholique, n. 67 (1992) — vatican.va
  • George W. Kosicki et David C. Came, Faustina: Saint for the Third Millennium (2010) — Marian Press / thedivinemercy.org
  • Zoe Romanowsky, 42 years after a miracle at St. Faustina's shrine (2023) — EWTN News

Contexte contemporain

  • Archidiocèse de Tolède, La parroquia de Yepes recibe una reliquia de santa Faustina Kowalska (2024) — architoledo.org
  • Diocèse de Campina Grande, Relíquia de Santa Faustina é entronizada no Santuário da Divina Misericórdia (2022) — diocesecg.org
  • Diocèse de Montauban, Sanctuaire de la Miséricorde divine — diocese-montauban.fr
  • National Shrine of The Divine Mercy, Tour of the Shrine Church — shrineofdivinemercy.org

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