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FIDES VIVA

14 octobre

Saint Calixte Ier, pape

Le pape des catacombes, ancien esclave condamné aux mines

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Chapitres
  1. 0:00L'argent des veuves
  2. 4:40La liste de Sardaigne
  3. 7:12Le cimetière de tous les frères
  4. 10:17Un seul Dieu
  5. 13:06L'arche
  6. 16:51Martyr
  7. 19:56Au pied de l'escalier
  8. 22:45Retour en Sardaigne

La lettre de libération arriva aux mines de Sardaigne avec une liste de chrétiens condamnés, et le nom de Calixte n'y figurait pas. Les autres sortirent, l'un après l'autre. Lui se mit à genoux et, en pleurant, supplia qu'on le libère aussi. Le vieillard qui avait apporté la lettre plaida pour lui, et le gouverneur céda.

Cette scène, c'est Hippolyte qui l'a racontée, l'homme qui combattit Calixte plus que tout autre. Ce condamné des mines allait devenir évêque de Rome, et ce même Hippolyte l'accusa alors de recevoir à nouveau les pécheurs repentis et ceux que d'autres avaient chassés. L'homme qui avait supplié qu'on ne l'oublie pas sur une liste dut porter, devenu évêque, l'accusation de ne laisser personne dehors.

L'argent des veuves

Selon le récit d'Hippolyte, la chute commença avec l'argent des autres, dans la Rome de l'empereur Commode, à la fin du deuxième siècle. Ce qui était en jeu, c'étaient les économies de gens simples.

Calixte était l'esclave de Carpophore, un chrétien de la maison de l'empereur. Son maître lui confia une somme considérable, «parce qu'il était de la foi», et le chargea de la faire fructifier en tenant une banque.

La banque ouvrit à la Piscina Publica, un quartier du sud de la ville. Des veuves y vinrent, et des frères, comme les chrétiens s'appelaient entre eux. Ils confièrent leurs dépôts à Calixte, persuadés de les placer entre les mains de Carpophore.

Calixte perdit tout. Quelqu'un prévint le maître, et Carpophore lui demanda des comptes.

Sa réponse fut de s'enfuir vers la mer. À Porto, le port de Rome, Calixte monta sur un navire sur le point d'appareiller. Carpophore se lança à sa poursuite. Le navire était encore à l'ancre au milieu du port, et le batelier tardait à bouger. Du pont, l'esclave vit son maître arriver sur le quai. Alors il se jeta à l'eau.

Les marins descendirent dans les barques et ramèrent vers lui, tandis qu'à terre la foule criait. Ils le tirèrent de la mer, trempé. Carpophore le ramena à Rome et l'enferma au moulin où l'on punissait les esclaves. On y envoyait les esclaves pousser la meule de pierre qui broyait le grain.

La porte du moulin s'ouvrit grâce à l'insistance de quelques frères. Ils allèrent trouver Carpophore et lui demandèrent de laisser sortir Calixte, car celui-ci affirmait que certaines personnes lui devaient de l'argent. Beaucoup de ceux qui parlaient en sa faveur pleuraient les dépôts qu'ils avaient perdus. Carpophore céda.

Les premières mains tendues vers l'esclave tombé furent celles des gens qui avaient perdu leur argent dans cette banque.

Il sortit sans avoir de quoi payer. Un jour de sabbat, il entra dans une synagogue de Rome, en disant qu'il venait voir ceux qui détenaient son argent. Les Juifs de la ville avaient le droit reconnu de lire leurs lois en public, et ils étaient rassemblés pour le faire. Un tumulte éclata et, selon Hippolyte, Calixte en sortit roué de coups.

On le conduisit devant Fuscianus, le préfet de Rome. Les Juifs l'accusèrent de les avoir empêchés de lire leurs lois «en disant qu'il est chrétien».

Carpophore se rendit au tribunal et s'adressa au préfet. «Je t'en prie, seigneur Fuscianus, ne le crois pas, car il n'est pas chrétien, il cherche seulement une occasion de mourir.»

Les accusateurs insistèrent. Fuscianus le fit fouetter et le condamna à une mine de Sardaigne. C'étaient des années où la persécution allait et venait, et dans cette mine se trouvaient d'autres chrétiens condamnés. Le maître avait nié que Calixte soit chrétien, et pourtant Calixte se retrouva parmi eux.

Hippolyte appelle cette condamnation, avec moquerie, le «martyre» de Calixte. Mais celui qui souffre ainsi pour le nom du Christ et survit porte dans l'Église un autre nom, celui de confesseur de la foi.

Fouetté et condamné, Calixte partit pour l'île des mines.

Loin des mines, une femme très proche de Commode s'apprêtait à demander la liste de ces condamnés.

La liste de Sardaigne

Cette femme, c'était Marcia, qui partageait la vie de l'empereur et qui, selon Hippolyte, aimait Dieu. Elle voulait accomplir une bonne œuvre, et elle choisit la libération des chrétiens condamnés en Sardaigne.

Pour cela, il lui fallait leurs noms. Elle les demanda à l'évêque de Rome, Victor. La liste en main, Marcia obtint de Commode une lettre qui libérait ceux qui y figuraient.

Sur la liste de Victor se trouvaient les frères qui travaillaient dans les mines de l'île. Il en manquait un. Le nom de Calixte n'y figurait pas.

Hyacinthe, déjà âgé, traversa la mer avec la lettre et la remit au gouverneur de l'île, qui libéra tous ceux qui figuraient sur la liste.

Ceux qui repartaient libres, Hippolyte les appelle bien martyrs, comme les chrétiens appelaient les témoins du Christ. Cette fois, il le dit sans la moindre ironie.

Calixte était toujours à la mine. Il se tourna vers Hyacinthe, le vieillard qui avait apporté la lettre. Il tomba à genoux devant lui et, en larmes, le supplia qu'on le laisse partir, lui aussi.

Hyacinthe se laissa fléchir par ses supplications. Il alla trouver le gouverneur et demanda la libération de cet homme que la lettre ne nommait pas, en lui assurant que Marcia le lui avait permis. Le gouverneur céda. Calixte sortit des mines à la suite des autres.

Il y avait eu d'abord les frères qui avaient pleuré pour lui devant Carpophore. Maintenant, c'était un vieillard qui intercédait pour celui qui n'était pas sur la liste.

Restait Rome. Le retour de Calixte pesa lourdement sur Victor. Selon les mots d'Hippolyte, l'évêque «fut très affligé de ce qui s'était passé, mais, comme c'était un homme compatissant, il ne prit aucune mesure».

Il ne l'abandonna pas non plus à son sort. Il l'envoya vivre à Anzio, sur la côte, loin de la ville, et lui accorda une allocation mensuelle pour subvenir à ses besoins.

Ainsi, cette fois-là, la miséricorde prit la forme d'une allocation chaque mois et d'un lieu au bord de la mer. Calixte vécut à Anzio tant que Victor gouverna les frères de la ville.

Quand Victor mourut, Rome eut un nouvel évêque, Zéphyrin. Et Zéphyrin envoya chercher l'homme d'Anzio.

Le cimetière de tous les frères

De ce qui changea en lui entre la mine et Anzio, les sources ne disent rien. Elles racontent ce qu'il fit ensuite. L'homme de la côte ne revint pas à Rome pour rester à l'écart. Zéphyrin le prit comme collaborateur pour veiller sur le clergé, c'est-à-dire sur ceux qui servaient les frères au nom de l'évêque. Puis il lui confia une charge de plus. Le cimetière de la communauté fut remis entre ses mains.

Jusque-là, l'Église l'avait soutenu de loin. Désormais, à celui qui avait perdu les économies des veuves, on confiait le soin du cimetière de l'Église de Rome.

L'Église se souvient de lui, en ces années, comme diacre, l'un des ministres qui assistaient l'évêque au service de la communauté. C'était l'homme revenu d'un long exil en Sardaigne.

Calixte descendit au cimetière de la voie Appienne. Sous les champs s'ouvraient des galeries creusées dans le tuf, une pierre volcanique tendre qui se laisse tailler. Le long des parois s'alignaient les niches, les unes au-dessus des autres, fermées par des dalles. La seule lumière était celle d'une lampe à huile en terre cuite.

Ce cimetière n'appartenait ni à une famille ni à une corporation. Il était à toute la communauté et ouvert à tous les frères. L'homme qui avait poussé la meule du moulin et était descendu à la mine travaillait de nouveau sous terre, cette fois pour les défunts de son Église.

Les frères qui y déposaient leurs morts attendaient la résurrection promise par le Christ. Prendre soin de ces tombes, c'était cette même foi devenue le travail de chaque jour. C'est la même espérance avec laquelle on prie encore aujourd'hui devant la tombe d'un être cher.

Le long des galeries s'ouvrirent des chambres peintes dans les premières décennies du troisième siècle. On les appelle les cubicules des Sacrements, et elles abritent quelques-unes des plus anciennes peintures des catacombes. Avec le temps, presque tous les évêques de Rome de ce siècle seraient ensevelis dans la crypte de ce même cimetière.

Le lieu porte encore aujourd'hui son nom, les catacombes de Saint-Calixte, parce qu'il en fut le gardien pour tous. Cet esclave allait devenir pape, et c'est pourquoi tant de gens le connaissent aujourd'hui comme le pape des catacombes.

Chaque 14 octobre, l'oraison de la messe s'adresse à Dieu, qui appela le pape saint Calixte à servir l'Église et à promouvoir la piété envers les fidèles défunts. Elle demande à Dieu que le témoignage de la foi de Calixte devienne pour nous une force.

Dans le Nord, l'église de Cysoing porte elle aussi son nom, avec celui de saint Évrard.

Zéphyrin mourut, et les frères de Rome élurent Calixte pour lui succéder comme évêque de Rome. Parmi les prêtres, qui formaient le conseil de l'évêque, l'un refusa de le reconnaître.

Un seul Dieu

Ce prêtre, c'était Hippolyte, un théologien qui écrivait en grec. Vers l'an 217, quand Calixte prit la tête de l'Église de Rome, Hippolyte rompit aussitôt avec elle.

Un petit groupe l'élut évêque face à celui de Rome. L'Église appelle antipape celui qui occupe cette place, un évêque dressé par quelques-uns face à l'évêque légitime. Pour Hippolyte, la plupart des chrétiens de la ville formaient désormais «l'école de Calixte».

La main qui avait conservé la supplication de Calixte, agenouillé, était celle de son rival. Deux hommes qui avaient servi la même Église ne partageaient plus la table du Seigneur.

La rupture venait de plus loin. Déjà au temps de Zéphyrin, quand Calixte était son diacre, on débattait à Rome de Dieu lui-même. Si Dieu est un seul, qui est Jésus-Christ face au Père? Certains, pour soutenir que Dieu est un, effaçaient la différence entre le Père et le Fils, comme s'il s'agissait de deux noms pour un seul.

L'un de ceux qui enseignaient ainsi était Sabellius. Devenu évêque, Calixte l'excommunia, c'est-à-dire qu'il l'écarta de la communion de l'Église.

Hippolyte se tenait à l'autre extrême. Il distinguait le Fils du Père avec tant de force que Calixte l'accusa, lui et les siens, de croire en deux dieux. Les paroles par lesquelles l'évêque de Rome se défendit nous sont parvenues par un chemin inattendu. C'est son propre rival qui les conserva, en les citant pour l'accuser. Calixte le dit en ces termes.

«Je ne confesserai pas deux dieux, le Père et le Fils, mais un seul.»

Hippolyte n'accepta pas cette réponse. Il accusa Calixte de mêler la doctrine de Sabellius à d'autres erreurs, et de dire en d'autres mots ce que Calixte avait lui-même condamné.

Les faits dessinent un autre visage. L'évêque avait écarté de la communion celui qui confondait le Père et le Fils. Et il avait aussi repoussé celui qui semblait les séparer au point d'en faire deux dieux. Entre ces deux extrêmes, tout porte à croire qu'il resta dans la foi de l'Église, qui adore un seul Dieu et confesse Jésus-Christ comme le Fils du Père.

Cette dispute divisa une communauté qui enterrait ses morts dans les mêmes galeries. Les mots pesaient, car d'eux dépendait à qui l'on adressait sa prière.

Pourtant, l'accusation la plus dure d'Hippolyte ne portait pas sur Dieu. Elle portait sur les pécheurs, et sur la porte par laquelle Calixte les laissait revenir.

L'arche

Hippolyte tint le compte de chaque reproche. Le premier concernait les pénitents, ces chrétiens qui, après un péché grave, accomplissaient le temps de pénitence que l'Église demandait avant de les réadmettre. Calixte les recevait de nouveau dans la communion. Ils revenaient à la table du Seigneur, aux côtés de leurs frères.

Il recevait aussi ceux que d'autres groupes avaient chassés de leurs assemblées, et l'évêque de Rome ne leur fermait pas la porte.

Les autres reproches allaient dans le même sens. Calixte admettait dans le clergé des hommes mariés plus d'une fois et permettait qu'une femme de haut rang prenne pour époux un homme libre ou un esclave, même si la loi ne reconnaissait pas cette union.

Calixte défendait cette manière de gouverner, et il la défendait par l'Écriture. Il parlait de l'arche de Noé. À l'intérieur, tandis que l'eau couvrait la terre, voyageaient des chiens, des loups et des corbeaux. Des animaux purs et impurs y voyageaient aussi, tous sous le même toit de bois. L'Église, disait-il, est cette arche.

Il rappelait aussi une parabole de Jésus. Un homme sème du blé dans son champ, et la nuit un ennemi sème de l'ivraie au milieu du blé. Les serviteurs veulent l'arracher. Le maître leur dit de laisser pousser les deux ensemble jusqu'à la moisson, car alors on les séparera l'un de l'autre.

Et il reprenait la question de l'apôtre Paul aux chrétiens de Rome, qui es-tu pour juger le serviteur d'un autre? Qu'il tienne debout ou qu'il tombe, cela regarde son maître.

Bien des années plus tôt, un esclave avait été tiré de l'eau à Porto. Des frères qui avaient perdu leurs économies avaient demandé qu'il sorte du moulin. Dans une mine, un vieillard avait pris un risque pour lui, et à Rome un évêque affligé avait préféré ne pas le punir. L'arche que Calixte décrivait devant son accusateur l'avait déjà porté, lui.

Cette même porte avait des ennemis de l'autre côté de la mer. À Carthage, sur la côte d'Afrique, vivait Tertullien, un chrétien qui avait défendu la foi par ses écrits et qui s'était déjà tourné vers une discipline beaucoup plus dure. Il se moqua de l'édit d'un évêque qu'il appelait avec ironie «souverain pontife, évêque des évêques». L'édit, lui, parlait sérieusement, et Tertullien en recopia les mots pour les attaquer.

«Moi, je remets les péchés d'adultère et de fornication à ceux qui ont accompli la pénitence.»

Autrement dit, celui qui était tombé et avait fait pénitence pouvait revenir à la communion de l'Église. L'édit ne porte aucun nom, et son auteur reste une question ouverte, car certains pensent à l'évêque de Rome et d'autres à Agrippin, l'évêque de Carthage.

Ce que Tertullien attaquait, c'était ce qu'Hippolyte reprochait à Rome. Tous deux refusaient que l'Église reçoive de nouveau, après la pénitence, celui qui avait commis certains péchés.

L'Église ne les suivit pas. Elle garda ouverte la porte que ces deux critiques voulaient fermer, et continua d'accueillir, après la pénitence, celui qui revenait à la maison.

Calixte gouverna l'Église de Rome pendant environ cinq ans, et mourut sans que l'on sache avec certitude comment. Il restait à Rome à décider sous quel nom elle garderait son souvenir.

Martyr

Sa mort survint en un temps étrange. Vers l'an 222 régnait l'empereur Sévère Alexandre, et les chrétiens de la ville vivaient un temps de paix relative.

C'est pourquoi la mort de Calixte garde quelque chose d'une énigme. Au Trastevere, on parle d'une émeute de païens, d'une foule qui se serait retournée contre lui.

Ce que l'Église fit de sa mémoire, en revanche, est resté écrit.

Au quatrième siècle, l'Église de Rome tenait un calendrier où elle inscrivait ses martyrs et le jour où elle célébrait leur mémoire. En face du 14 octobre figure une ligne très courte.

«Callisti in via Aurelia miliario III». Calixte, sur la via Aurelia, à trois milles de la ville.

Calixte est le premier évêque de Rome inscrit sur cette liste de martyrs. L'Église le tint pour martyr, c'est-à-dire pour témoin du Christ jusqu'au don de sa vie, et aujourd'hui encore elle le célèbre ainsi.

Hippolyte avait employé ce mot par moquerie, pour la condamnation d'un esclave aux mines. Désormais, c'était l'Église de Rome qui l'écrivait, sans ironie, dans son propre calendrier.

Une seule ligne ne suffisait pas aux fidèles. Bien plus tard, quelqu'un raconta sa mort dans un long récit, rempli de noms et de prodiges, que l'on lit aujourd'hui comme une légende.

Dans ce récit, le consul Palmatius accuse les chrétiens, et les soldats qui vont chercher Calixte deviennent aveugles en entrant là où il se trouve. Une vestale, l'une des vierges consacrées au feu sacré de Rome, voit le prodige et proclame le «Dieu de Calixte».

Vaincu par ce qu'il voit, Palmatius demande le baptême, et Calixte le baptise.

Ce même récit raconte qu'on tua un prêtre de Rome, Calépode, et qu'on jeta son corps dans le Tibre. Des pêcheurs le tirent de l'eau et Calixte l'ensevelit. Aujourd'hui, ce nom, Calépode, est celui du cimetière où l'on a retrouvé la tombe de Calixte lui-même.

Puis vient l'heure de Calixte lui-même. On l'enferme dans une prison, et là, dans l'obscurité, Dieu le réconforte par une vision. Un soldat s'approche du prisonnier, et le prisonnier le guérit.

À la fin, on le conduit jusqu'à un puits.

Et on l'y jette.

Ainsi s'achève l'ancien récit. Des siècles plus tard, près de sa tombe, quelqu'un peignit cette scène sur le mur. Sur la fresque, l'évêque tombe dans le puits, une pierre attachée au cou.

Cette fresque ne se trouve pas sur la voie Appienne, dans le cimetière que l'on connaît sous son nom. Elle se trouve près d'un escalier, sur une autre voie de Rome.

Au pied de l'escalier

L'autre voie, c'est la via Aurelia, celle qui sortait de Rome du côté du Trastevere. À cette même distance que notait le calendrier des martyrs, les chrétiens du quartier avaient leur propre cimetière, sans doute le plus ancien le long de ces routes. Il porte aujourd'hui le nom de Calépode, le prêtre que l'ancien récit retire des eaux du Tibre.

C'est donc là que reposa Calixte. On le déposa parmi les siens, les chrétiens du Trastevere. Sa tombe resta au pied de l'escalier primitif, le plus ancien de ceux qui descendaient vers les galeries.

Ses restes ne demeurèrent pas sur la via Aurelia. Des siècles plus tard, on les transféra au Trastevere, dans la basilique que le pape Jules avait élevée «auprès de Calixte», celle qu'on appelle aujourd'hui Santa Maria in Trastevere. C'est là qu'on vénère ses reliques.

À Cysoing, dans le Nord, on raconte qu'Évrard fit venir d'Italie des reliques de saint Calixte. Par crainte des Normands, elles partirent ensuite pour Reims et ne revinrent pas toutes.

À quelques pas, dans la petite église qui porte son nom, les fidèles s'approchent d'un puits. Devant sa margelle, les gens du Trastevere prient l'évêque qui, dans le récit de son martyre, y fut jeté.

Loin de ces prières, les galeries de la via Aurelia tombèrent peu à peu en ruine. L'escalier et la tombe restèrent oubliés sous la poussière et les éboulements.

À partir des années soixante du vingtième siècle, des fouilleurs redescendirent cet escalier. Au pied des marches apparut la tombe. Sur le mur subsistaient des fragments de la fresque du puits. Et près de la sépulture, un fidèle avait gravé quelques lettres dans la pierre.

«Sancto Callisto Alfius votum solvit». Alfius a tenu sa promesse envers saint Calixte.

Cette inscription ne dit pas ce qu'il demanda. Elle dit qu'il pria près de cette tombe, qu'il promit quelque chose s'il était exaucé, et qu'il revint pour tenir parole. C'est une prière qui porte un nom.

Autrefois, en Sardaigne, un condamné s'était agenouillé pour supplier. Près de la tombe de Calixte, un autre homme avait laissé le souvenir d'une promesse tenue.

Sa tombe se trouvait sur la via Aurelia, mais le cimetière qu'il avait gardé sur la voie Appienne continua d'accueillir les évêques de Rome de son siècle. L'un d'eux, l'un de ses successeurs, viendrait de très loin, de cette même île des mines. Et il ne viendrait pas seul.

Retour en Sardaigne

Derrière ce retour, il y avait une longue blessure, car la division n'avait pas pris fin avec la mort de Calixte. Hippolyte resta à la tête de son petit groupe. Pendant des années, les chrétiens de Rome eurent deux pasteurs qui ne partageaient pas la même table.

Cette division se referma au temps d'un exil. En l'an 235, sous l'empereur Maximin, Pontien, l'évêque de la ville, et Hippolyte, l'homme qui s'opposait à lui, furent exilés en Sardaigne.

C'était l'île des mines. La terre même où un condamné, voyant que son nom manquait sur la lettre de libération, avait demandé en pleurant qu'on ne le laisse pas derrière.

Au temps de cet exil, Hippolyte revint à la communion de l'Église. C'était le prêtre savant qui avait raconté la chute de Calixte. Il revint à la foi partagée et à la table du Seigneur, aux côtés de l'évêque qu'il avait refusé de reconnaître.

La miséricorde que Calixte avait implorée sur cette île finit par atteindre l'homme qui avait écrit cette supplication pour le perdre.

Les restes des deux hommes revinrent à Rome un 13 août. Pontien fut déposé dans la crypte des papes, et Hippolyte reposa sur une autre voie, la via Tiburtina. L'Église les vénère tous deux comme martyrs du Christ.

Le rival de Calixte est donc un saint.

Calixte avait parlé d'une arche où voyageaient ensemble animaux purs et impurs, et d'un champ où le blé et l'ivraie attendent la même moisson. Dans cette arche finit par entrer aussi celui qui avait voulu la fermer.

L'esclave qui avait supplié à genoux dans les mines défendit, devenu évêque, une Église sans portes fermées au repenti.

Calixte sortit des mines parce qu'un vieillard parla pour lui devant le gouverneur. Presque tous, nous avons quelqu'un comme lui dans notre vie, quelqu'un qui a pris notre défense quand nous ne pouvions pas le faire seuls.

Saint Calixte, à genoux, vous avez demandé de ne pas rester exclu de la liberté de vos frères. Vous avez gardé le repos des défunts de Rome et ouvert la porte de l'Église à ceux qui revenaient repentants. Obtenez-nous du Christ un cœur qui ne laisse personne en dehors de sa miséricorde. Accompagnez de votre prière nos défunts et consolez ceux qui les pleurent aujourd'hui, jusqu'au jour de la résurrection. Priez pour nous. Amen.

Sources

Fuentes primarias (siglos III-VI)

  • Hipólito de Roma, Refutatio omnium haeresium, libro IX (c. 222-235), trad. J. H. MacMahon, Ante-Nicene Fathers V newadvent.org
  • Tertuliano, De pudicitia (comienzos del siglo III), trad. ANF newadvent.org
  • Liber Pontificalis, «Callistus» (siglo VI), ed. L. Duchesne fontistoriche.org
  • Depositio Martyrum, Cronógrafo de 354 (citada a través de J. Chapman y E. Russomanno)

Fuentes hagiográficas y tradición

Documentos y estudios eclesiásticos y académicos

  • Martyrologium Romanum, 14 de octubre — texto reproducido en santiebeati.it
  • Misal Romano, Misa de san Calixto I, 14 de octubre curas.com.ar
  • John Chapman, Pope Callistus I (1908) — The Catholic Encyclopedia, vol. 3 newadvent.org
  • J. P. Kirsch, St. Hippolytus of Rome (1910) — The Catholic Encyclopedia, vol. 7 newadvent.org
  • Pontificia Commissione di Archeologia Sacra, Catacomba di Calepodio catacombeditalia.va
  • Pontificia Commissione di Archeologia Sacra, Catacomba di S. Callisto catacombeditalia.va
  • Jerónimo Leal, «Tertuliano», Enciclopedia Patrística enciclopediapatristica.com
  • Eugenio Russomanno, San Callisto I (2017) — santiebeati.it
  • Vatican News, Santo del día, 14 de octubre vaticannews.va
  • Jean Grave, Si mes murs pouvaient parler (2007) — Diócesis de Lille

Iconografía

  • Fresco del martirio de Calixto, catacumba de Calepodio (siglos medievales) — ficha de la PCAS
  • Mosaico absidal de Santa María en Trastevere (siglo XII), detalle de papa Calixto — santamariaintrastevere.it

Contexto contemporáneo

  • Vatican News, En octubre, el Papa León XIV pide rezar «por la pastoral de la salud mental» (2026) vaticannews.va
  • Diocese of Orange, From Crystal Cathedral to Christ Cathedral (2024) rcbo.org
  • Le Jour du Seigneur, Cysoing lejourduseigneur.com
  • Ajuntament de La Pobla Llarga, Fiestas patronales en honor a San Calixto lapoblallarga.es

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jeudi 29 octobre · Évangile

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